Photos, livres, aventures.
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Quand les cendres retombent




Après l'incendie d'une maison sur la rive, Gateshead , Tyneside, Nord Est de l'Angleterre, vers 1879. Photographe inconnu. Archives de la bibliothèque de Newcastle.

Déboutonnez votre




Edition originale. 
Publiées en juillet 1943, pendant l'Occupation, par les différents Centres d'Action Surréaliste de Paris (Noël Arnaud), en Zone Nord (André Stil) et en Zone Sud (Pierre Minne), ces cartes portent les maximes désormais célèbres : "Si vous n'êtes pas curé, général ou bête, vous serez Surréaliste", "Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette", "Si vous aimez l'amour vous aimerez le Surréalisme". Au verso, poèmes par Noël Arnaud, André Stil, Boris Rybak et Marc Patin.- On joint le prospectus d'abonnement à la première série des Feuillets du Quatre Vingt et Un.





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Trouvé sur la page Facebook "Improbables librairies, improbables bibliothèques".

Tête de piaf et chevaux du roi






Michèle Bernstein est invitée à la télévision pour présenter Tous les chevaux du roi, qui vient alors juste de paraître aux éditions Coréa. Comme le soulignait mon ami BC, en me montrant cette séquence, le roman de Bernstein parodie ceux de Françoise Sagan, tellement à la mode dans ces années-là.  On la soupçonne même de se moquer de Sagan dans les réponses même qu'elle donne. Quand l'une aimait tellement la Côte d'Azur, l'autre se targue en riant de la décrire sans y être jamais allée. 
Coincé entre le panache de sa coiffure et le ton de raideur paternaliste qu'il essaie d'adopter, le présentateur est visiblement décontenancé par les réponses de Bernstein et son regard espiègle.

"- Il y a souvent des voitures dans votre livre.
- Oui, oui, mais enfin je ne sais pas conduire. Mais enfin une voiture...
- C'est une voiture comme dans les livres de Françoise Sagan?
- Je ne sais pas, je ne l'ai pas vue, je n'ai pas vu non plus la voiture des romans de Françoise Sagan, elle doit être plus belle."




Tout cela, évidement, donne envie de relire ce livre, et d'insister auprès des éditions Allia pour rééditer La nuit, qu'ils nous promettent depuis bien longtemps.










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-Tous les chevaux du roi, Paris, éditions Allia.



Desire in a bowl of potatoes



Un tout petit livre, un très beau cadeau.
Desire in a bowl of potatoes est un très court recueil de poèmes de Richard Brautigan écrit dans les années 50 en Oregon et longtemps resté inédit, jusqu'à ce que la maison X-Ray Book Co., de Pasadena, en fasse un magnifique tirage en 2005, avec beau papier, couverture imprimée au plomb, le tout joliment cousu à la main.


desire in a bowl of potatoes
under a tree of fire
over a moon of ashes
beside a river of starfish
who are popping bubble gum



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14p., tirage numéroté de 250 ex, 7x10,5 cm.

Nusch, Paul and the gang



Nusch, Paul Eluard, Roland Penrose, Man Ray, Ady Fidelin (By Lee Miller, 1937)






À l'époque où l'on ne plaisantait pas avec les pique-niques.


















Frida & Vladimir








































Frida Kahlo et Vladimir Maïakovski, à l'époque où l'on ne plaisantait pas avec la poésie.











Wakefield Press

Ainsi va le monde, on nous annonce chaque jour qu'il court à sa perte, qu'il est en crise, etc, et voilà qu'un américain de Cambridge (Massachusetts) a décidé de sauver l'âme de ses compatriotes et de se lancer dans la traduction et l'édition de textes admirables et hautement improbables.















Nous dansâmes de joie en découvrant The High life, traduction de La grande vie, de Jean-Pierre Martinet dans une très élégante plaquette, mais lorsque notre curiosité piquée nous entraîna sur le site de Wakefiel press, nous cédâmes bien vite au délire au vu des textes retenus par l'éditeur (Fourier, Schwob, Péret, Daumal...) et de la beauté des couvertures.

De quoi lire et se réjouir en attendant la fin du monde.





 À l'heure des prix littéraires et du vingt millième article sur le succès supposé du livre numérique, voici deux exemples de vieillards qui tiennent la route.
Parce que, bien sûr on achète aussi un livre à cause de sa couverture, il était impossible de ne pas acheter cette édition des Neiges de Kilimandjaro au Club du meilleur livre, en 1957, avec une de ces maquette reconnaissables de Robert Massin.

Pour les mêmes raisons, je n'ai pas pu résister à cet autre petit trésor de couverture et de mise en page, ce recueil de nouvelles d'Ambrose Bierce - le redoutable auteur du Dictionnaire du diable - regroupées sous le titre de Passage du Styx, au Club français du livre en 1962.















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Nouvelles originales



Deux très jolis livres parmi les trésors rapportés de la vieille France, les deux parus dans la collection "Nouvelles originales" lancée en 1947 par les éditions de Minuit. De très beaux livres, tirés à 1000 ex numérotés, d'une quarantaine de pages, à la mise en page soignée et au format délicat.
Dans cette première série, on retrouve Un temps de petite fille, de Georges Henein, et America, de Henri Calet.










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My Winnipeg




















Vu cette semaine le vrai/faux docu-fiction de Guy Maddin intitulé My Winnipeg, sorte d'autoportrait d'une ville à travers le regard d'un habitant qui veut la fuir, exploration d'un labyrinthe et décryptage des secrets d'une ville battue par les vents, isolée dans les trop vastes plaines du Manitoba. Très au-dessus du lot, l'invention visuelle est constante, le noir et blanc y est sublime. Archi-poétique, drôle, intelligent, triste à mourir, jusqu'à cette scène que l'on croirait tout droit sortie d'un film de Luis Bunuel, où des chevaux fuyant en plein hiver l'incendie de leur écurie, se précipitent dans la rivière gelée qui cède sous leur poids avant de se refermer sur l'expression horrifiée de leur visage.
Assurément une des images les plus saisissantes et les plus fortes que j'ai vu depuis des années, et pour des années.


La bande annonce peut se voir ici.







Bizzareries de la Belle Époque

Très en vogue au Canada, cette nouvelle discipline sera présentée aux jeux Olympiques de Vancouver en 2010.




On a beau se dire parfois que le monde est devenu fou, rappelons tout de même que ça ne date pas de la semaine dernière.
Un de mes rusés collègues de la librairie m'a mis récemment un livre entre les mains en sachant très bien qu'il ferait mon bonheur pour l'été. Aussitôt acheté, je fendis l'air à travers les rues pour mettre mon trésor à l'abri des regards jaloux.
Il s'agit de Tragédies à la une, La Belle Époque des assassins, de Alain Monestier. Avec humour et application, l'auteur y présente un panorama des couvertures et illustrations des faits divers parus dans les grands journaux populaire du tournant du XXe siècle. À l'époque où le Petit Journal, Le Petit Parisien, L'Intransigeant et L'Illustration font leurs choux gras de suicides cocasses et ingénieux, d'assassinats particulièrement sanglants et de catastrophes toutes rocambolesques.
Un train déraille, tombe d'un pont et s'écrase sur un bateau; au loin, la cloche qui sonne dans une église vient aplatir le bedeau qui l'agitait, tandis qu'une jeune servante décide de se jeter dans la fosse aux ours. On y trouve des accidents liés à la modernité galopante des premières autos et du chemin de fer, les assassins d'enfants y côtoient les maris cocus qui découpent leur femme en morceaux avant de la mettre dans une malle qu'ils expédient au diable vauvert. Et puis, dans le désordre : les éxécutions à la guillotine qui fascinent les foules, l'incendie du Bazar de la Charité, Le Titanic, la bande à Bonnot et les récits fantasques de la gloriole coloniale française d'un pays qui veut encore croire qu'il est un empire. Et tout cela s'entremêle pour notre plaisir sous la plume savante et amusée de Monestier.

Tout est là dans ce beau livre pour nous rappeller la folie de cette époque où se sont entrechoqués le poids des interdits, de la morale et de la censure, et la brutale accélération de la modernisation du monde. Rouletabille, Albert Londres et Fantomas ne sont pas loin, et nous voici, cent ans plus tard, à soupirer une fois de plus de n'avoir pas vécu ça.



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Tragédies à la une, La Belle Époque des assassins, par Alain Monestier, préface de Pierre Bellemare, Paris, éditions Albin Michel, 1995.



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Gaston polisson




Ah! À cette époque on savait vivre, Madame!
Non seulement les éditeurs fréquentaient Pigalle, mais encore allaient ils y montrer leur éditions sur beau papier.
Comment cette invitation a t'elle pu finir soixante dix-neuf ans plus tard dans le bac de recyclage d'une librairie de Montréal, c'est une autre histoire.







Fendre la campagne, battre le flots


























Pour en finir avec cette série sur le charme rustique des pin-up agricoles.
Où l'on a la confirmation que non seulement il y a la mer en Limousin, mais qu'elle occupe en plus une place considérable dans le décor. (Est-ce un signe que la réforme des régions est plus avancée que l'on ne pensait?)









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Veau marin






















Contrairement à ce que voudrait nous faire croire la police, la Corrèze n'est pas seulement le berceau des révolutions modernes.
Il y a aussi une ville, Brive, qui n'a pas hésité il y a quelques années, à consolider son identité en s'auto-proclamant capitale du veau élevé sous la mère. Rien de moins.
Et l'on comprend mieux pourquoi depuis la redécouverte hasardeuse de ces photos dans une poubelle locale.
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Pin up (1)

























Lorsque le fond de l'air est gris et que guette la récession, quoi de mieux qu'un moment de beauté et de fraîcheur pour remonter le moral des ménages.
Improbable mais vrai, Brive semblait avoir prévu le coup (où l'on découvre qu'il y a la mer en Corrèze).







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Le dimanche de la vie

Comment dire? On tombe parfois dans une bonne librairie, au bon moment sur la bonne boîte, tout simplement. Et voilà que je me retrouve à être l'heureux propriétaire, et lecteur imminent, de deux livres de Raymond Queneau. Qui plus est dans de belles éditions (sans quoi je ne serais pas là en train de fanfaronner).

























D'abord, Le Dimanche de la vie, paru en 1951, ici avec la jaquette du film que Jean Herman en a tiré en 1965. Amusant d'ailleurs que j'aime vraiment cette jaquette-là, alors qu'en général je les abhorre.

L'autre titre est encore plus savoureux, une édition toilée et numérotée du Chien à la mandoline, paru en 1962 dans la collection "Point du jour" de Gallimard.





















Égocentrisme (II)



Je m'attendais au coin de la rue

j'avais envie de me faire peur
en effet lorsque je me suis vu

j'ai reculé d'horreur


Faisant le tour du pâté de maisons
je me suis cogné contre moi-même
c'est ainsi qu'en toute saison
on peut se distraire à l'extrême



(extrait de Le Chien à la mandoline)




Bonheur d'occasion


C'est entendu, il y a aussi de bons livres parmi les nouveautés. Tout le monde l'a dit, certains auteurs confirmés ont même donné de "bonnes livraisons" comme dit la presse. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé Courir, de Echenoz, et Le Chasseur de lions d'Olivier Rolin. Lacrimosa est également un des très bons livres de la rentrée, sauf qu'avec Jauffret il me reste toujours un petit arrière goût de je ne sais trop quoi.

À part ça, j'ai changé de librairie depuis quelques semaines maintenant, passant de la grande chaîne du neuf à une petite librairie indépendante où le neuf et l'occasion, le rare et la curiosité se mélangent avec bonheur. Ce qui me donne - entre autres privilèges - celui de voir passer presque tous les jours des livres peu ou pas distribués, épuisés, voire complètement oubliés.
J'en profite évidement pour dépenser une partie de ma paye dans l'achat de menus trésors, que je m'empresse de partager afin d'adoucir les frimas qui nous accablent (1).
Voici donc Le Réservoir des sens, signé de Belen dans son édition originale à La Jeune Parque en 1966.
Derrière ce pseudonyme se cachait alors Nelly Kaplan, la future réalisatrice de La Fiancée du pirate (1969), film culte pour les aficionados de Bernadette Lafont.
Mais en attendant de devenir réalisatrice, Kaplan avait commencé par écrire quelques textes et avait approché les surréalistes et leurs alentours. C'est donc tout naturellement que les nouvelles réunies dans le Réservoir des sens sont présentées par Philippe Soupault et André Pieyre de Mandiargues.
On y découvre d'étranges récits, où se mêlent un érotisme gentiment désuet et un goût évident pour le fantastique, la science-fiction et les histoires de vampires.
Comme le livre est illustré par André Masson, on se dit que la jeune femme d'alors avait su émoustiller tous ces messieurs avec ses histoires.
Quelques titres pour se faire une idée: La géométrie dans les spasmes, Délivrez-nous du mâle, La circonstance exténuante, Le plaisir solidaire, Je vous salue maris, etc.

Que les curieux désespérés se rassurent, le livre est de nouveau disponible dans une réédition au Castor Astral.

Enfin, voici une courte biographie qui se trouvait insérée dans mon exemplaire:


"Née d'un père marin et de mère inconnue, Belen manifeste dès sa plus tendre enfance un penchant très vif pour la littérature érotique.
Amenée par le métier paternel à fréquenter toutes sortes de quartiers dans des pays divers, elle acquiert très tôt la confirmation empirique de ses lectures.
Son père n'est pas étranger à cette initiation et Belen gardera toute sa vie un souvenir attendri de certaines chaudes nuits d'Amsterdam.

Orpheline seize ans, voyante et voyeuse, elle entre comme préposée au linge dans une maison de rendez-vous de Shangaï. C'est à cette époque que commencent à se manifester ses étranges pouvoirs divinatoires, et elle est ainsi appelée partout dans les grandes familles d'Europe et du Cambodge pour lire l'avenir dans les draps. Son succès ne connaît pas de limites.

Devenue fabuleusement riche, elle se retire vingt-trois ans dans une île de la Mer des Sargasses, oû elle partage ses loisirs entre l'écriture et des expériences érotiques sur des tortues géantes. En 1959, après une déception sentimentale qui la marque profondéemet, elle quitte définitivement sa retraite et séjourne quelques jours Paris pour surveiller la première édition de ses oeuvres. Elle repart ensuite dans sa nouvelle demeure des Îles de la Sonde, où elle investit le reste de sa fortune dans la culture et l'apprivoisement de fleurs carnivores, récente découverte révolutionnaire dans le domaine de l'avortement sans douleur.

Aux dernières nouvelles, Belen rédige un premier volume de souvenirs: Mémoires d'une liseuse de draps, appelé à avoir un prodigieux retentissement."

Que cette "biographie" soit signée de l'auteur elle-même, de son éditeur, ou encore de l'un des ses parrains littéraires, voilà ce que je ne sais pas et qui hante mes nuits.


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(1) Certains se demanderont : comment peut-il adoucir des frimas? Et on les comprend. La réponse est : il fait ce qu'il veut.