Photos, livres, aventures.
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La voix de son maître

Les éditions La Presse, associées au journal québécois du même nom, publient aujourd'hui essentiellement des livres de recettes pour le barbecue, mais ce ne fut pas toujours le cas, comme en témoignent ces deux livres publiés dans les années 70, et sur lesquels je viens de tomber.







Comme quoi, La Presse n'a pas toujours été le journal officiel du Parti Libéral.




"Je crois que nous devrions être hommes d'abord et sujets ensuite. Il n'est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le bien. On a dit assez justement qu'un groupement n'a pas de conscience, mais un groupement d'hommes consciencieux devient un groupement doué de conscience. La loi n'a jamais rendu les hommes un brin plus justes, et par l'effet du respect qu'ils lui témoignent, les gens les mieux intentionnés se font chaque jour les commis de l'injustice."





Henry David Thoreau, De la désobéissance civile.




Victoriaville, le 4 mai 2012


La police faisant barrage, empêchant les secouristes de rejoindre un manifestant blessé.

Montréal, le 6 mai 2012.









Surveiller et punir






Le SPVM (Service de Police de la Ville de Montréal) peut dire ce qu'il veut, mais on connaît désormais le véritable sens de son acronyme : Surveiller et Punir les Vilains Manifestants.







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Au Canada, de nos jours, lorsque l'on se rend sur une réserve amérindienne, c'est bien souvent pour y acheter des cigarettes de contrebande.
À Fredericton, au Nouveau-Brunswick, les Amérindiens Malécites sont installés depuis 1847 sur la réserve St. Marys, et depuis une quinzaine d'années, un certain nombre d'entre eux installent des décorations monumentales pour les fêtes de fin d'année. Attirés par la lumière, les gens des environs viennent donc régulièrement assister au spectacle  la veille de Noël en roulant au pas dans les rues désertes.
Bien entendu, personne ne descend de sa voiture - de peur de qui? de quoi? - ce qui donne à ce défilé un arrière goût de safari assez gênant.



Fries & poutine

























En attendant la suite des aventures cyclistes, voici une photo prise à Ottawa il y a quelques semaines, et que je trouve assez représentative de la question du français au Canada.







La poésie oui, mais sans les poètes



Parfois, le jeudi, j'aide des amis. Et comme a priori j'aime plutôt la poésie, l'un dans l'autre, je me suis retrouvé hier après-midi au marché de la poésie de Montréal.
Stratégiquement situé entre une sortie de métro, un terminus d'autobus et une avenue des plus achalandées, ledit marché devrait en théorie attirer les foules, qui au retour du travail, qui sur le chemin des bars branchés du quartier. Fort heureusement, comme la poésie est soluble dans l'eau et qu'elle craint la lumière trop vive, les autorités compétentes ont décidé de l'emballer dans un gros tas de toile, façon hôpital de campagne.
À l'intérieur, des poètes belges fatigués encaissent courageusement le décalage horaire en regardant des bardes subventionnés se congratuler les uns les autres tout en jetant des regards envieux à leurs dernier recueil.
En attendant la foule anonyme des lecteurs potentiels, qui continue d'éviter soigneusement cette tente en plein milieu du chemin, de fiers poètes viennent à intervalle régulier déclamer leur œuvres dans une charmante ambiance de radio crochet.
D'où ma question: comment se fait-il que l'on autorise encore ces lectures alors que l'on sait pertinemment que dans 98% des cas, l'auteur n'est pas un bon lecteur et qu'il a toutes les chances de se ridiculiser, voire de détourner de ses textes des lecteurs qui auraient pu les apprécier si ils avaient pu les lire eux-mêmes dans les conditions de leur choix?
On a même vu une vice-présidente du conseil d'administration de la maison de la poésie être émue. La pauvre. Là encore, comment peut on décemment mettre dans une même phrase: "vice-présidente de conseil d'administration", et "poésie"?

Enfin, que l'on ne se méprenne pas; malgré le côté cirque du Chapiteau de la poésie, on y trouve quand même quelques auteurs honnêtes, des livres lisibles et des éditeurs courageux. Mais c'est justement parce que j'aime a priori la poésie quand elle est disponible et que l'on tombe dessus si l'on est curieux ou simplement chanceux, que je déteste ceux qui l'utilisent pour se donner des airs et pour parader.

Heureusement, j'avais sur moi un petit livre intitulé Boccacce, dont il faudra reparler bientôt.







Hibernatus














L'embâcle a lâché. La neige a fondu et les glaciers s'égouttent tranquillement dans le caniveau, libérant peu à peu des milliers de crottes de chien mises au frigo depuis décembre, quelques joggers égarés dans une tempête et, de temps à autre, un écureuil.

Quand écureuil mort décongelé, lui toujours faire ça.









Nabokov à la patinoire











H
ockey. Ce soir, les Sharks de San Jose ont battu les Canadiens de Montréal. Il faut dire que leur gardien est un certain Nabokov, alors forcément, ça impressionne.







Du patriotisme appliqué au vent du nord


Si le mois de février est idéal pour faire de la luge sur la Montagne et marcher en raquettes dans les cimetières, c'est aussi le moment rêvé pour rester au chaud chez soi et s'attaquer aux piles de livres en retard.
Ne serait-il pas, par exemple, plus que temps de lire ces chroniques parues en 1877?

Avec son air polisson et sa moustache de mousquetaire, Hector Fabre fut un chroniqueur moderne de son temps, croquant non sans malice la société québécoise des années 1860 et 70, quelque part entre un Samuel Pepys hors de Londres et un Pierre Foglia sans vélo.

Or donc, à propos
du fanfaron Fabre et du frileux février, voici ce que le premier écrivit dans sa chronique du 19 février 1866, à propos de l'hiver.

"Notre climat atteint sa perfection lorsqu'il y a dix pieds de neige dans les champs et que les nez gèlent avant d'avoir le temps d'éternuer pour appeler au secours. Ceux qui alors regrettent l'ombre tant vantée des grands bois et le murmure des clairs ruisseaux, ne sont pas de bons Canadiens. Le froid perçant, la neige, le vent du nord, font partie de notre patrie, il les faut aimer; s'ils redoublent, il faut s'en frotter les mains, d'abord pour les réchauffer, ensuite en signe de réjouissance patriotique. Il n'y a vraiment que les âmes tièdes qui aient l'onglée aux doigts. L'homme qui aime ardemment son pays, n'y gèle jamais."


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Hector Fabre, Chroniques, paru à Québec en 1877 à l'imprimerie de l'Événement.
Montréal, éditions Boréal, coll. "Compact classique", 2007, 295 p., 12, 95$



Montréal - Kaboul

















I
l paraît que c'est Montréal en hiver, mais il me semble que ça pourrait tout aussi bien être Kaboul. Les obsédés des accommodements raisonnables auraient-ils oublié de créer une sous commission climatique?











Le tort russe


















Faire du tort "authentique" à la Russie, il fallait bien venir au pays de la poutine pour voir ça.

Pour ceux qui douteraient encore de l'importance de ce plat national, ils pourront se référer au livre nouvellement paru le plus sérieusement du monde: Maudite poutine, aux éditions Héliotrope.







Jour J
















Jour J, H-2.
Voilà, dans deux heures commencera le vernissage de ma première exposition à Montréal. Évidemment, c'est pour moi tout un symbole. D'intégration d'abord, avec cette première depuis que je suis devenu résident canadien, mais aussi, et surtout, cela fait dix ans cette année que je suis venu à Montréal pour la première fois.
C'était en 1998, je venais tout juste d'avoir vingt ans, et c'est en découvrant Montréal que j'ai commencé à faire des photos. À l'époque je n'avais fait que passer par ici, mais déjà le quartier du Mile End m'avait ensorcelé et je savais qu'il me faudrait y revenir, et parmi les endroits où je revenais le plus volontiers, on trouvait déjà le café Romolo.
Plusieurs aller-retours et dix ans après, n'ayant abandonné ni la photo, ni l'idée de m'installer dans ce quartier, je continue à fréquenter assidûment le Romolo et il m'a semblé que c'était l'évidence même d'exposer ici.

Dans quelques jours j'aurais trente ans, et si tout va bien je pourrais prendre un peu de vacances en France à la fin de l'année. La boucle est bouclée.








Mets tes hauts, Canada!























Ce soir il fait 7 degrés, en juin. Pays de fous.
Ceci dit, d'après la météo, cette année l'été devrait tomber un vendredi; avec le week end(1) qui touche, ça tombe bien, je pourrai prendre toutes mes vacances d'un coup!

Enfin, arrêtons de chialer, j'ai enfin reçu un visa de travail et j'ai pu reprendre le boulot après huit mois d'interruption. Presque une grossesse! J'aurais dû demander une péridurale pour mon premier jour...





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(1) en français dans le texte, toutes les notes sont du traducteur.
(2) au Québec, chialer signifie râler, et pleurer se dit brailler.



Véloterie

Demain matin, je dois amener mon vélo chez le réparateur pour lui offrir une petite révision printanière.
Enfin, je crois. Quand j'ai téléphoné, le type m'a conseillé de venir "en grande fin d'avant-midi".
Je vais essayer d'y aller vers onze heures, j'espère que ça ira.








L'appel de la forêt (Des intégrations (2))



Passer quelques jours chez des amis à la campagne.
Rencontrer des gens qui font des courses de traîneaux à chiens.
Aller voir les chiens en question.

Marcher dans les bois sur trente centimètres de poudreuse pour finalement admirer une chute d'eau gelée.
Bouquet final, piloter un skidoo sur des sentiers en repensant à la poursuite incroyable dans Gina (1), malgré le bruit de tondeuse à gazon sauvage de la machine.
Cliché tout ça? Et alors?




























(1) film québécois de Denys Arcand de 1975, un classique du genre.






Des intégrations



Aujourd'hui, considérer qu'il fait moins cinq, donc chaud, et aller faire un tour en vélo. En souriant, pour bien montrer qu'on aime l'hiver.
Plus tard, arriver au Romolo (le café habituel depuis qu'Esperanza a fermé). C'est le début de la game de hockey - complètement par hasard, (on ne le dira pas) - oui, mais rester. Les Penguins de Pittsburgh contre le Canadien de Montréal. Se concentrer, prendre des notes sur les virils patineux pour être capable de sortir des noms dans la conversation si je retourne un jour au travail (parce que mes amis, le hockey, non).
Note pour la prochaine fois: prendre une bière, pas un café.

Pendant ce temps, un message de ma mère pour me dire que mon frère se laisse pousser la barbe. C'est important de rester informé.



Nuance






L'intégration, j'y travaille, mais je dois avouer que certaines nuances m'échappent encore.