Photos, livres, aventures.

Le sens de la vie et ses frères



 De même qu'il existe des romans que l'on aimerait avoir écrit, des films que l'on rêverait d'avoir réalisé, Le sens de la vie et ses frères, de Éric Veillé, est la BD que j'aurais voulu avoir dessiné. Amis poètes, en dehors du fait que le couplet sur "la BD moi ça ne m'intéresse-pas-vraiment et de toute façon je ne comprends pas vraiment comment ça se lit" n'est vraiment plus recevable aujourd'hui, le petit livre d'Éric Veillé a tout ce qu'il faut pour plaire : humour, poésie, absurde, le tout servi par une simplicité désarmante.




Toute une vie 

"Éric Veillé est né avec une flaque sur la tête, dans une chambre avec vue sur Jésus. Cet enfant timide aime à se coincer derrière le frigo dès qu'on le laisse sans surveillance. Un jour, ses parents l'oublient sur un banc où il reste bien un quart d'heure, terrorisé par les pigeons qui viennent becqueter ses chips. Devenu adulte, il nettoie ses lunettes et découvre que les gens vivent dans des endroits. Après avoir perdu son emploi du temps en pleine forêt de Fontainebleau, il travaille dans des boulots, parle avec Giselle et se casse une jambe. Entre-temps, il publie six livres sous des noms de personnes qui n'existent pas, pour ne pas être reconnu par les moustachus qu'il a contrariés dans les supermarchés. Comme passe-temps, ce jeune homme moderne pratique l'expression corporelle en collants et collectionne les gens qui sortent du restaurant. Bricoleur émérite, il a reconstitué la galerie commerciale de Montauban dans son couloir. Quand il ne dessine pas des gens vus de dos, Éric Veillé ambitionne de fonder une ONG qui réintroduira le rire dans les Pyrénées."

(Texte de biographie © Cornélius)

Le sens de la vie et ses frères, de Éric Veillé, Paris, éditions Cornélius, coll. "Louise", 2008.
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Cela faisait des années que je voulais entrer dans cet immeuble abandonné, c'est enfin chose faite.

Le sourire de Toronto



























Je n'étais plus sorti de Montréal depuis l'été dernier, il était donc grand temps de faire changement. Du coup, en attendant d'aller voir les taureaux dans les Europe, et faisant fi de la rivalité entre les deux villes, je suis allé faire un tour à El Toro, alias Toronto. 
Le moins que l'on puisse dire, c'est que certains bars de danseuses s'y affichent en couleurs.













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Anthologie Pierre Peuchmaurd



Deux ans après sa mort, voici que paraît aux éditions des Vanneaux une anthologie de la poésie de Pierre Peuchmaurd, présentée par Laurent Albarracin. 
Sur un modèle très proche de la célèbre collection Poètes d'aujourd'hui des éditions Seghers (qui ont disparu elles aussi il y a deux ans), le livre comporte le texte de Laurent Albarracin Pierre Peuchmaurd, témoin élégant, précédemment paru aux éditions de L'Oie de Cravan, un cahier de photos, un choix de textes, ainsi que quelques rares entretiens  qui apportent un éclairage intéressant sur son parcours et sa perception de la poésie.




Le livre est d'ores et déjà disponible en France sur commande en librairie ou directement chez l'éditeur :

Éditions des Vanneaux
           64 rue de la Vallée de Crème
                        60480 Montreuil-sur-Brèche
                            18 euros port compris

Pour le Québec, il est maintenant disponible à Montréal à la librairie Le Port de tête, ou en m'écrivant à l'adresse donnée dans les contacts.











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Machine infernale





Comment appelle t'on ça lorsqu'un objet symbolise aussi bien une impression ressentie si souvent?










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Inferno, hommage à Lezema Lima, par Jorge Camacho.


Pour une fois, ce soir, j'ai appris quelque chose sur Facebook. Pas une bonne nouvelle, mais disons une vraie nouvelle. Jorge Camacho, le peintre surréaliste cubain, vient de mourir, et avec lui une des dernières grandes figures du groupe surréaliste "historique".
Ce que je ne comprends pas, ce sont les personnes qui ont jugé bon de préciser "j'aime" sous la très sobre information, comme s'il s'agissait d'une photo de mariage de leur cousine.


Pour en finir avec les paradoxes du monde moderne, voici une vidéo de Camacho au travail.















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Deux yeux jaunes dans un cube de nuit




























Deux yeux jaunes dans un cube de nuit, comme un lointain clin d'œil à la villa Arpel dans Mon oncle.







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Un peu de bleu dans la tempête


























Alors qu'ici la neige et le verglas se succèdent, voilà que je tombe sur ce livre de Pierre Bergounioux, Un peu de bleu dans le paysage, qui vient fort à propos m'éloigner du blizzard en me ramenant pour le temps d'une lecture dans ce coin de pays qui est absolument le mien et que je découvre partager avec lui.


"Du début de la Gaule romaine à la fin du deuxième millénaire, la zone imprécise, plissée, qui sépare l'Auvergne de l'Aquitaine a vécu séparée. De là les sombres permanences, les bizarreries, les particularités qu'on pouvait, tout récemment encore, y observer. Lorsque le mouvement, le présent, l'ont tirée du sommeil, elle n'a pas hésité. Elle s'est retirée sans bruit, les yeux ouvert, dans le passé."



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Éditions Verdier, 2001.






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Le mystère de Griffintown

































Et dire que pendant toutes ces années j'ai pensé que Montréal était une ville tranquille.








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Les idioties d'Anne Marbrun

Concert marin - Anne Marbrun


Je suis idiot, mais ce n'est pas entièrement de ma faute.
C'est en tous cas ce que je peux affirmer depuis que Anne Marbrun, mon idiote de mère, s'est lancée récemment dans une entreprise de démystification.
En effet, si on la connait plus souvent pour ses textes d'une beauté et d'une noirceur implacables, qu'il s'agisse de poésie (Casus belli, La Nuit ça va), ou de nouvelles (La Tâche, la Traversée), il existe en parallèle un autre aspect de sa personnalité, qu'elle cultivait jusque là en secret et qui permettait souvent de désamorcer la colère sourde et la tristesse infinie. Son goût de l'idiotie. À ne pas confondre avec le dégoût de la bêtise qui nous habite tous.
L'idiotie donc, sous la forme de tableaux (ce qu'elle nomme elle-même de la peinture idiote), d'objets et de courts textes. Débarrassée de toute fascination pour la culture dite sérieuse, celle qui trop souvent est encore donnée comme la seule digne de respect, Anne Marbrun offre à qui veut une vision simplement amusée et amusante, où la naïveté côtoie l'étrangeté, et l'humour noir le rire jaune.


Les idioties d'Anne Marbrun, c'est le titre et l'adresse d'un blog que l'on peut visiter ici.












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Bell de nuit



Contrairement à la France où elles sont devenues des pièces de musée, les cabines téléphoniques sont encore assez fréquentes au Canada.











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Rue des maléfices




Chose rare, je relis un livre. Après que je l'ai mis dans des mains innombrables, un ami cher m'en a offert la première édition, et voilà que j'arpente à nouveau avec le même bonheur cette Rue des maléfices, de Jacques Yonnet.


"Ida la Borgnesse braillait et déconnait, déjà ou encore saoule, il l'a mélangée au brouillard à grands coups de pompes dans le parfaitement."











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Géographie vraie


C'est le récit d'une chasse aux sangliers dans le Grand Bois, quelque part entre Annemasse et la frontière suisse. On y croise donc un chasseur et des sangliers - quatre - mais aussi des douaniers, un berger, un instituteur armé et un cheval poitrinaire.
On y apprend à quelle heure redescendre les vaches de leur pâturage, que les sangliers savent instinctivement traverser les torrents en utilisant les courants, et qu'il faut être fou comme un Romain pour s'aventurer de la sorte dans le Grand Bois. Et beaucoup d'autres choses encore en une vingtaine de pages.
Cingria, c'est comme ça. C'est un Fargue qui serait le piéton des Alpes, un conteur de la vie des sous-bois dont les douaniers semblent être cousins des gardes champêtres d'André Dhôtel. Sec comme un coup de fusil et dense comme la forêt.
C'est une leçon de géographie vraie et de littérature.



Extrait :

"Mais on devrait nous prévenir : on devrait savoir que ce bois est étouffant et dangereux, qu'il n'est qu'une étendue illimitée. Or on ne nous dit rien, ni dans les livres ni à l'école. Sans doute parce que ce n'est pas une forêt : il n'y a que de hautes plantes, de hautes herbes et de petits arbres, des lianes, des épines, des pierres, de la mousse, de la boue. Des trous gris dans les haies. C'est pour les renards. L'homme les utilise et rampe. Mais il est dangereux, peut-être cet homme. Qu'est qu'il cherche, qu'est-ce qu'il fuit? Il ne faudrait pas s'engager là sans être armé. Les douaniers, mais ce n'est pas une protection. Et puis on peut errer des heures sans en rencontrer."



Charles-Albert Cingria, Géographie vraie, éditions Fata Morgana.






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Voir aussi : - Bois sec, bois vert, éditions Gallimard, coll. "L'Imaginaire".
                   - Anthologie, éditions L'Escampette.
                   - Et tout un tas de titres à L'âge d'homme.







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Elle m'a demandé, "coudon', j'ai tu une poignée dans le dos?
Voici la preuve que oui, puis ton amie aussi à part ça.











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 À l'heure des prix littéraires et du vingt millième article sur le succès supposé du livre numérique, voici deux exemples de vieillards qui tiennent la route.
Parce que, bien sûr on achète aussi un livre à cause de sa couverture, il était impossible de ne pas acheter cette édition des Neiges de Kilimandjaro au Club du meilleur livre, en 1957, avec une de ces maquette reconnaissables de Robert Massin.

Pour les mêmes raisons, je n'ai pas pu résister à cet autre petit trésor de couverture et de mise en page, ce recueil de nouvelles d'Ambrose Bierce - le redoutable auteur du Dictionnaire du diable - regroupées sous le titre de Passage du Styx, au Club français du livre en 1962.















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Pistolet à Léaud




Jean-Pierre Léaud et François Truffaut sur le tournage de La Nuit américaine. Ou comment le fils fantasmé tue le père de substitution. Et vlan! Vingt ans de psychanalyse!













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