Photos, livres, aventures.




Suite et fin de la visite de la Casa Gaston.
La cuisine n'a rien perdu de son charme, ni l'évier de son éclat.













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L'île mystérieuse





Tristement abandonnée sur son île, la Casa Gaston continue de faire face bravement au temps qui passe. Secret bien gardé, elle est entourée d'une dense ceinture d'arbres, ce qui la rend presque invisible à celui qui par hasard en ferait le tour en canot.
Mais pour celui qui a la chance d'être guidé, passé cette première barrière, apparaît un court chemin qui aboutit à une maison. Or cette maison, par son environnement et tout ce qu'elle dégage, me fait penser à l'image que j'ai de celle qu' occupait R.-L. Stevenson aux îles Samoa.


















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Casa Gaston




Tranquillement pas vite, l'été finit par s'écouler, un peu plus aventureux que nous osions l'espérer. C'est ainsi qu'au bout d'un chemin perdu dans la forêt, après avoir traversé un lac en canot, nous découvrîmes, émerveillés, la splendide et mystérieuse Casa Gaston, tristement abandonnée sur son île.









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Non, cette étrange bâtisse n'est pas le sauna que je viens de faire construire au fond de ma cour, non plus que l'entrée secrète d'une organisation nuisible, il s'agit - si l'on en croit la plaque près de la porte, d'un collecteur siamois extérieur. Voilà qui explique tout.









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Nocturne un jour





















Exploration du quartier, suite. Aujourd'hui, l'aventure vue depuis la fenêtre, une autre façon de voyager autour de sa chambre.










Joies du camping




















Pour nos trois jours de vacances annuels en commun, la forestière V. et moi n'avions guère le choix de ne pas nous aventurer trop loin. C'est ainsi que l'on finit chaque année par louer la même voiture en essayant de trouver un endroit différent et exotique pour planter notre tente.
Si on ne tient pas compte des inévitables piqûres d'insectes, des orages successifs pris sur la gueule, des souliers ravagés d'avoir trop baigné dans les torrents de boue, et de l'invasion des parcs nationaux par les nourrissons hurlants, et que j'ajoute que j'ai malgré tout passé quelques bons moments, alors ceux qui me considèrent comme un éternel insatisfait devront admettre que je fais des efforts.

Bizzareries de la Belle Époque

Très en vogue au Canada, cette nouvelle discipline sera présentée aux jeux Olympiques de Vancouver en 2010.




On a beau se dire parfois que le monde est devenu fou, rappelons tout de même que ça ne date pas de la semaine dernière.
Un de mes rusés collègues de la librairie m'a mis récemment un livre entre les mains en sachant très bien qu'il ferait mon bonheur pour l'été. Aussitôt acheté, je fendis l'air à travers les rues pour mettre mon trésor à l'abri des regards jaloux.
Il s'agit de Tragédies à la une, La Belle Époque des assassins, de Alain Monestier. Avec humour et application, l'auteur y présente un panorama des couvertures et illustrations des faits divers parus dans les grands journaux populaire du tournant du XXe siècle. À l'époque où le Petit Journal, Le Petit Parisien, L'Intransigeant et L'Illustration font leurs choux gras de suicides cocasses et ingénieux, d'assassinats particulièrement sanglants et de catastrophes toutes rocambolesques.
Un train déraille, tombe d'un pont et s'écrase sur un bateau; au loin, la cloche qui sonne dans une église vient aplatir le bedeau qui l'agitait, tandis qu'une jeune servante décide de se jeter dans la fosse aux ours. On y trouve des accidents liés à la modernité galopante des premières autos et du chemin de fer, les assassins d'enfants y côtoient les maris cocus qui découpent leur femme en morceaux avant de la mettre dans une malle qu'ils expédient au diable vauvert. Et puis, dans le désordre : les éxécutions à la guillotine qui fascinent les foules, l'incendie du Bazar de la Charité, Le Titanic, la bande à Bonnot et les récits fantasques de la gloriole coloniale française d'un pays qui veut encore croire qu'il est un empire. Et tout cela s'entremêle pour notre plaisir sous la plume savante et amusée de Monestier.

Tout est là dans ce beau livre pour nous rappeller la folie de cette époque où se sont entrechoqués le poids des interdits, de la morale et de la censure, et la brutale accélération de la modernisation du monde. Rouletabille, Albert Londres et Fantomas ne sont pas loin, et nous voici, cent ans plus tard, à soupirer une fois de plus de n'avoir pas vécu ça.



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Tragédies à la une, La Belle Époque des assassins, par Alain Monestier, préface de Pierre Bellemare, Paris, éditions Albin Michel, 1995.



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Rumeur indienne



D'après la rumeur, Michael Jackson serait mort, mais qui cela peut-il encore intéresser de nos jours. D'abord, je viens de passer dix jours à déménager, et puis il y a encore bien des poètes à pleurer avant de s'inquiéter du sort des chanteurs.
Le roi de la pop peut bien ne plus être, moi, je suis depuis cette semaine le prince auto proclamé du pinceau et de la perceuse. Ne riez pas! Le ridicule ne fait que commencer puisque dans la foulée je me suis acheté une pelle et des gants de jardinage. Ne manque plus qu'un seau et je pourrai retourner jouer dans le sable.
En tous cas, mon nouveau quartier étant des plus cosmopolites, c'est bien à l'épicerie du coin que j'ai trouvé ce magazine indien, ce qui m'a valu un regard étonné de l'épicier, lequel m'a gentiment prévenu que je risquai de ne pas pouvoir lire ce journal.
Encore une preuve accablante que la culture de masse n'a pas de limites.







Chez Moe Wilenski



Ça n'a pas l'air comme ça, mais j'ai lu quelques bonnes choses récemment.
Seulement voilà, déménagement oblige, je vais plutôt mettre les livres en cartons dans les prochains jours, et m'occuper de faire bouger ces murs de bibliothèques vides.
En attendant d'avoir un peu plus de temps, voici une photo retrouvée en faisant du rangement.





Bathyscaphe #4


Le quatrième numéro du Bathyscaphe est donc enfin lancé, et devrait fleurir dans les jours qui viennent dans les meilleures librairies (1). Les lecteurs désespérés auront donc tout l'été pour le lire par petits bouts sous le parasol, un verre de Pastis dans une main et un tube d'aspirine dans l'autre (2), en essayant de démêler le nouveau casse-tête infernal de Thierry Horguelin.

Au programme cette fois ci : une critique virulente de la médiocrité de la culture en général, et de Charles Dantzig en particulier, par Joël Gayraud, un commentaire sur la vente aux enchères de leur virginité par certaines jeunes filles, par Valerie Webber, un hommage discret à la disparition récente de Pierre Peuchmaurd, une nuit d'horreur dans la jungle mexicaine, par Benoît Chaput, une intervention de la Conspiration Dépressionniste et des textes de A. J. Kinik, Sarah Gilbert, Bérengère Cournut, Thierry Horguelin, Pierre Peuchmaurd, Thurston Moore, Julien Lefort, Romy Ashby, Hannah Reinier, Pierre Rothlisberger, Barthélémy Schwartz, Jean-Yves Bériou, Daniel Canty, Hélène Frédérick, Antoine Peuchmaurd et Byron Coley.
Et des illustrations de Morag Kid, Anne Marbrun, Geneviève Castrée, Simon Bossé, Marie-Laure Missir, José Guadalupe Posada, André Stas, Louis-Philippe Côté, A.J. Kinik et Antoine Peuchmaurd.



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(1) Libraires ou lecteurs, si vous ne savez pas comment vous procurer le Bathyscaphe, écrivez moi à palpitantoine@yahoo.fr
(2) Suggestion de présentation.



Nouvelle frappe du Bathyscaphe



Flibustiers, flibustières,
Corsaires, sirènes, montes en l'air aquatiques, réjouissez vous!

Le Bathyscaphe a survécu à sa longue immersion dans les eaux froides de l'hiver, et vient enfin de retrouver le chemin du port de Montréal. À son bord, des textes collectés contre vents et marées dans les cerveaux tourmentés de nos collaborateurs les plus fins.
Mais aussi des images, du sexe et des jeux!


Venez donc découvrir ce nouvel opus, et fêter avec nous dans la charmante cour de la très éclairée librairie Le Port de tête (262 Mont Royal est), ce jeudi, le 11 juin à partir de 18h30.
Le vin sera rouge et liquide,
les libraires seront malicieux
et le barbecue sera torride!

Par la même occasion, le co-capitaine Benoît Chaput, que décidément rien n'arrête,
lancera du même bord un fracassant recueil de textes de son cru:
Carnet de neiges

Venez nombreux, et n'hésitez pas à emmener vos parents et amis, enfants à charge et animaux de revanche







Gilgames





Au début de l'hiver, un petit livre très joliment présenté nous était offert. Une lente tectonique des plaques nous l'ayant d'abord dissimulé, puis récemment restitué, nous venons de le lire.
Eh bien! Qu'il nous soit permis de dire que cette interprétation de l'épopée de Gilgames est des plus belles. Non pas que nous soyons de fins spécialistes de l'époque sumérienne, mais il apparaît clairement que le verbe est haut, les mots courts et tendus.
Gilgame ne voulait pas mourir, et Anne-Marie Beeckman, avec sa discrétion et sa précision habituelles, nous rappelle justement que rien ne meure tant que l'histoire reste écrite.






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Gilgames, de Anne-Marie Beeckman, éditions Pierre Mainard, 78 p., 12 euros, 2008.





Gaston polisson




Ah! À cette époque on savait vivre, Madame!
Non seulement les éditeurs fréquentaient Pigalle, mais encore allaient ils y montrer leur éditions sur beau papier.
Comment cette invitation a t'elle pu finir soixante dix-neuf ans plus tard dans le bac de recyclage d'une librairie de Montréal, c'est une autre histoire.







Privé, la nuit




Pas bavard ces derniers temps? C'est vrai. Un peu trop conscience parfois de faire parti d'un grand tout qui parle beaucoup pour ne rien dire. Heureusement, des images, silencieuses, continuent d'arriver timidement.












Fuck America



"Même le diable bouffe des mouches."


L'an dernier, les éditions Attila nous avaient régalé du premier livre de Bérengère Cournut, L'Écorcobaliseur. Cette année, fort d'une infrastructure consolidée et d'un programme alléchant, Benoît Virot et Frédéric Martin (lequel a déjà fait ses preuves chez Viviane Hamy) présentent Fuck America (Les aveux de Bronsky), roman écrit en 1979 et traduit pour la première fois en français.
Fuck America est un roman autobiographique dans lequel Jakob Bronsky, le narrateur, raconte comment il débarque à New York en 1952 alors qu'il vient d'obtenir le visa que son père avait demandé en 1939 pour fuir l'Allemagne. S'en suit l'itinéraire d'un immigré juif allemand n'arrivant pas à s'adapter à la vie new-yorkaise, ses déboires d'apprenti écrivain travaillant de nuit dans une caféteria à l'écriture de son autobiographie, etc. Sa vie misérable, les boulots ingrats et sous payés, tous les trucs et astuces pour mettre un peu de ketchup dans les haricots y passent, pour notre plus grand plaisir. Car Hilsenrath/Bronsky ne se complait pas dans ses misères (la pécunière et la sexuelle), il les décrit au vitriol et ne s'épargne pas.
Décrire la déception du rêve américain et contempler en riant plus misérable que soit, voilà deux bonnes raisons pour que ce livre ait du succès en temps de crise. Une autre, assez importante, est qu'il est très bien écrit; l'éditeur annonce un texte teinté de Fante et de Bukowski, et il ne ment pas.
Enfin, comme un bonbon est toujours meilleur dans un bel emballage, la couverture de Henning Wagenbreth est la cerise sur le sunday, ce qui fait qu'en entrant dans une librairie on remarque ce livre en premier et que l'on se dirige immédiatement vers lui.

Si le livre semble d'ores et déjà avoir du succès en France, on espère qu'il en sera de même au Québec, où sa sortie est annoncée pour les premiers jours de juin.



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Fuck America, de Edgar Hilsenrath, éditions Attila, Paris, 2009, 290 p., 19 euros/37,95 $Can.


NB : Pour un avis plus détaillé à propos de Fuck America, on peut lire la critique qu'en fait Jacques Josse ici.