Photos, livres, aventures.
Nouvelles originales
Deux très jolis livres parmi les trésors rapportés de la vieille France, les deux parus dans la collection "Nouvelles originales" lancée en 1947 par les éditions de Minuit. De très beaux livres, tirés à 1000 ex numérotés, d'une quarantaine de pages, à la mise en page soignée et au format délicat.
Dans cette première série, on retrouve Un temps de petite fille, de Georges Henein, et America, de Henri Calet.
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Le nazi et le barbier
"Et qu'allez-vous faire avec ces dents? demanda Madame Holle.
- Commencer une nouvelle vie", dit Max Schulz.
- Le nazi et le barbier, Edgar Hilsenrath, Paris, éditions Attila, 2010.
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Goose Bay
De retour de vacances, l'avion qui me ramenait a été contraint d'atterrir d'urgence sur l'aéroport de la base militaire de Goose Bay, au Labrador. Cinq cents passagers hagards dans une base désaffectée quelque part dans la toundra canadienne, et une architecture militaire qui n'est pas sans rappeler le charme russe, voilà de quoi marquer un voyage du sceau de l'imprévu.
Le bureau des épaves
Il existe à Casablanca un service d'objets trouvés surnommé le bureau des épaves; c'est aussi sous ce nom que fut étonnamment traduit le film Stranded, de Frank Borzage en 1935. Le savait-il? Peu importe, cela désigne aussi désormais cette très belle édition de l'un des tapuscrits confiés par l'auteur aux éditions Pierre Mainard en 2008.
Or de cinq heures dans le ciel rare,
le fleuve gris, la terre grise,
la mort aux doigts qui sentent l'amour
on lèche le temps, la langue est grise
(extrait de Cheval sous le talus des mort, in Le Bureau des épaves, éditions Pierre Mainard)
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- Le Bureau des épaves, Pierre Peuchmaurd, éditions Pierre Mainard, coll. "Courantes", 112 p. sous couverture à rabats, 11x17, 2010, ISBN 9782913751477, 12 euros.
Suite à la fin
Je pourrais parler des mystérieuses translations de haïkus d'Issa, le plus belge des poètes japonais, par Pierre Peuchmaurd. Je pourrais. Mais voilà que Thierry Horguelin l'a fait, avec l'élégance qu'on lui connaît. Comme son blog est de toute façon d'une agréable nécessité, autant le lire ici.
Puisque la fenêtre est ouverte, profitons en pour signaler la parution récente aux éditions Pierre Mainard de deux inédits de Peuchmaurd, Le Bureau des épaves, et L'Ivre mort de lierre.
Scènes champêtre
(Trois)
Le vent dans le ciel
les deux
moiselles sur la prairie
Des bisons de bulles
passent au find du tableu
*
Un large vent de viande
s'abat sur la fôret
sur les seins nus des rois
et le rire des marais
Ou simplement il pleut
*
Les sangliers dorment quand il pleut
Des oiseaux plats
traversent leurs ombres,
l'automne avale
un dernier papillon
(extrait de L'Ivre mort de lierre)
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Éditions Pierre Mainard, 14 place Saint Nicolas, 47600 Nérac
- Le Bureau des épaves, Pierre Peuchmaurd, éditions Pierre Mainard, coll. "Courantes", 112 p. sous couverture à rabats, 11x17, 2010, ISBN 9782913751477, 12 euros.
- L'Ivre mort de lierre, Pierre Peuchmaurd, éditions Pierre Mainard, coll. "Grands poèmes", 36 p. sous couverture à rabats, 15x24, 2010, ISBN 9782913751484, 8 euros.
Capharnaüm
C'est fait, c'est fou. Après huit longs mois de préparation, j'ai enfin réussi à m'évader quelque jours en dehors de Montréal. Et comme les choses sont parfois bien faites, le premier numéro de Capharnaüm est arrivé juste à temps pour se glisser dans mon sac.
Capharnaüm? Mais oui, il s'agit de la revue lancée ces jours-ci par les éditions Finitude, qui entendent donner à lire des nouvelles, des chroniques et des correspondances d'auteurs de leur catalogue, mais aussi des photos et des dessins, bref, autant de fragments dont ils assument fièrement le statut de fonds de tiroir.
Au programme de ce premier numéro, des textes de :
Raymond Guérin
Eugène Dabit
Marc Bernard
Jean-Pierre Martinet
Michel Ohl
Georges Hyvernaud
Robert Louis Stevenson
Georges Arnaud
Enfin, cette nouvelle publication nous plait jusque dans son nom, qui fait partie des mots que l'on aime avoir en bouche et dire tout haut, Capharnaüm, Bathyscaphe, Capharnaüm, Bathyscaphe, comme un certain Antoine Doinel dans Baisers volés, répétant jusqu'à épuisement Fabienne Tabard, Fabienne Tabard, Fabienne Tabard, Antoine Doinel, etc.
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Pour le plaisir toujours un peu étourdissant de revoir Jean-Pierre Léaud, voir les extraits ici et là.
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Capharnaüm est disponible en France dans les bonnes librairies, et en Amérique à la librairie Le Port de tête.
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Ruelle 6659
Bon, voilà que j'avais annoncé, voire presque promis (quelle erreur) de nouvelles photos avec le retour du printemps, il serait donc temps de s'y mettre.
Hier par exemple, j'ai fait une assez longue balade en vélo d'une cinquantaine de kilomètres, longé canaux, parcs en fleurs et rivières ensoleillées, le tout en traînant mon lourd appareil photo. Mais il arrive parfois que l'envie de rouler et de contempler soit plus forte que celle de s'arrêter et de figer. Jusqu'au dernier virage, l'ultime ruelle, celle que j'ai déjà photographié si souvent.
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Huit jours avant l'Année dernière
Nous voici donc à quelques jours du lancement de la réédition de L'Année dernière à Cazillac par les éditions de L'Oie de Cravan.
Quelque part entre un bleu Gauloise et un bleu horizon, le livre sera présenté dans la très belle collection Le fer & sa rouille, où les livres sont finement cousus à la main et dont le tirage est soigneusement limité à 200 exemplaires.
Présentation du livre par l'éditeur, Benoît Chaput :
"Pierre Peuchmaurd a écrit très peu de prose. En 2004 il avait fait paraître L'Année dernière à Cazillac, un magnifique ensemble de fragments autobiographiques qui se concentrent sur un espace de temps relativement bref, un passage de la vie de l'auteur, pour avancer en profondeur vers ce qui est au centre de sa démarche de poète. Ceci avec l'amertume souriante d'un grand styliste qui peut se permettre une douce auto-dérision. Ce texte m'avait enthousiasmé au moment de sa publication et, avec une infinie lenteur, je travaillais depuis quelques années à le traduire en anglais. Maintenant, un an après la disparition de son auteur, le moment me semble propice pour le ressortir (il était devenu introuvable dans son édition originale), accompagné de sa traduction anglaise."
Le lancement aura lieu le lundi 3 mai à partir de 18h, à la très raffinée librairie le Port de tête. Pour joindre le plaisir à l'agréable, quelques textes seront dits par Yves-Antoine Rivest, qui sera accompagné au violoncelle par Émilie Girard-Charest.
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À ma fenêtre
Cette fois, on dirait enfin que le printemps est à ma fenêtre. Après un hiver sans photos et avec le retour du vélo, cela me redonnera t'il enfin le goût de photographier? Je croise les doigts.
L'envers du monde
"Qui est-ce qui les recueille, ces heures-là, qui n'ont servi à rien? Quelquefois je crois qu'il est à l'envers du monde un endroit où elles sont conservées, où elles tombent comme de l'eau pure, où les morts les boivent, pour être heureux."
Catherine Pozzi, Agnès (1927).
De Catherine Pozzi, maîtresse de Paul Valery et, entre autres, amie d'Anna de Noailles et correspondante magnifique de Rilke, on devrait lire :
- Agnès, Paris, éditions La Différence, coll. "Minos", 2002.
- Journal 1913-1934, Paris, éditions Phébus, coll. "Libretto", 2005.
- Correspondance avec Rilke, 1924-1925, Paris, éditions La Différence, 1990.
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