La vie palpitante d'antoine p.
Lancement du Bathyscaphe # 9
Juste
à temps pour la grande fête du printemps, voici le grand retour du
Bathyscaphe!
L'équipage a hâte de vous présenter ce neuvième
numéro, mais nous faisons face à une situation critique : nos
caisses sont vides!
Le
Bathyscaphe fonctionne sans publicité ni subvention, mais son
autonomie ne peut se faire sans argent.
Pour
que nous puissions continuer à vous offrir nos rapports
d'explorations des grands fonds, venez nous soutenir et fêter avec
nous!
*****
PROGRAMME
DE LA SOIREE
Monsieur
URBAIN DESBOIS
LE
CLOU DE LA GANG , nouveau groupe de Simon Drouin, Julie et Zachary
Delorme, Danya Ortmann et Jasmin Cloutier
(plusieurs
membres de l'Orchestre d'Hommes Orchestres) !
Le
retour du fabuleux GABE LEVINE, accompagné de KEIKO DEVAUX !
Le
légendaire poète américain CHARLES PLYMELL
accompagné
de MAURO PEZZENTE (GYBE!) à la basse !
Le
retour du critique et poète BYRON COLEY
accompagné
de BILL NACE à la guitare !
MYRIAM
GENDRON présente son projet de chansons à partir de poèmes de
Dorothy Parker
accompagnée
de LAURENCE GENDRON au violoncelle !
GREG
WEBBER (le Urbain Desbois du Nouveau-Brunswick?)
et
son groupe Kill Chicago !
Pour
terminer la soirée. Laurent Lussier, Vincent Couture et
Marie-Christine Quenneville, les dj de l'enfer de ROYAL AIR TOGO
prendrons possession de vos âmes par le biais de vos corps !
*****
TOUT
CELA le dimanche 12 mai À LA SALA ROSSA, 4848 SAINT-LAURENT, MONTRÉAL
15 dollars à
la porte, prix spécial sur le nouveau Bathyscaphe, ainsi que des
posters rares de Simon Bossé et Julie Doucet !
OUVERTURE
DES PORTES À 18H
|
Promener son poisson
Exceptionnellement prendre le métro et lire, vraiment l'air de rien, d'une façon naturelle et décontractée, le nouveau numéro du Bathyscaphe. Tu sais, celui qui sera lancé le dimanche 12 mai à la Sala Rossa.
Clin d'oeil en passant à la rubrique "Ce qu'ils lisent", toujours fraîche, sur Locus Solus, le blog toujours érudit et ludique de l'ami Thierry Horguelin, toujours belge.
Le culot de Léo
Entretien avec Léo Ferré, culotté comme une pipe, qui parle de l'amour, des cigarettes, des copains, parce que tout ça c'est un peu la même chose finalement. Et puis, heureusement, il y a les animaux, qui sont quand même moins emmerdants.
À pic
« Je
travaille à pic pour descendre en profondeur. »
Cette
phrase, extraite d'une lettre de Blaise Cendrars à Henry Miller nous
touche particulièrement tellement elle nous semble résumer à elle
seule le travail de l'écrivain de fond.
Cette
correspondance entre deux géants, qui s'étale de 1934 à 1959, est
un cadeau des éditions Zoé, qui n'ont pas oublié d'y ajouter un
bel emballage.
Histoire naturelle
Félix Labisse fut entre autres illustrateur, peintre, cinéaste, poète, décorateur de théâtre et presque belge. On l'a vu traîner ses guêtres à Ostende en 1930 puis à Paris, fréquenter les Magritte, Desnos, Artaud, Prévert, Ernst et Queneau de ce monde avant de s'aventurer en Amérique du Sud avec la compagnie Renaud-Barrault en 1950.
Entre temps, en 1945, il aura participé à l'exposition "Surréalisme" de Bruxelles et publié en 1949 son Histoire naturelle, que les éditions Interférences ont le bon goût de rééditer avec soin ces jours-ci.
En trente dessins et autant de descriptions poétiques, nous apprenons ainsi à distinguer au premier coup d'oeil le manu-militari de l'amante religieuse. Le cyclope des marais ne vous effraiera plus lorsque vous saurez qu'il est "l'ami des jeunes filles" et "qu'il ne se plaît qu'à leurs jeux".
Si il n'a pas inventé l'idée de bestiaire magique, Félix Labisse y contribue avec humour et élégance.
Entre temps, en 1945, il aura participé à l'exposition "Surréalisme" de Bruxelles et publié en 1949 son Histoire naturelle, que les éditions Interférences ont le bon goût de rééditer avec soin ces jours-ci.
En trente dessins et autant de descriptions poétiques, nous apprenons ainsi à distinguer au premier coup d'oeil le manu-militari de l'amante religieuse. Le cyclope des marais ne vous effraiera plus lorsque vous saurez qu'il est "l'ami des jeunes filles" et "qu'il ne se plaît qu'à leurs jeux".
Si il n'a pas inventé l'idée de bestiaire magique, Félix Labisse y contribue avec humour et élégance.
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| "Peu de gens résistent aux douleurs morales que suscitent le passage d'une Bérénice." |
Le Perce-Aurore
C'est en 1431, quelques jours après l'exécution de la Pucelle d'Orléans, qu'on signala dans les environs d'une bourgade dauphinoise la présence d'un Perce-Aurore.
Mis en demeure par le Saint-Office de s'expliquer sur sa nature et son apparition qualifiée de démoniaque, il répondit sans aucune hésitation qu'il avait toujours vécu dans cette région, que, si on ne l'avait jamais remarqué, ce n'était pas de sa faute, qu'il y connaissait les natifs de visu, que ses intentions étaient pacifiques et son mode de vie conforme aux us et coutumes du pays.
On attacha peu de crédit à ses affirmations, on le brûla à petit feu et on eu raison.
Car depuis, on a pu constater maintes fois la fourberie et la rouerie du Perce-Aurore dont on sait qu'il ne respecte pas les sacrements, viole les bergères, incendies les meules, invoque à tous propos le Saint Nom, se repaît de chair humaine, fracture les troncs, profane les Lieux Saints, sodomise les chèvres, détrousse les cadavres, ne salue pas le drapeau et trempe un peu dans l'athéisme.
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- Histoire Naturelle, Félix Labisse, éditions Interférences, coll. "Les illustrés", 135 p., 2012.
Mars
"Mars dans sa voiture vite, mars sur ses branches partout et ses
cornes futures dans le flanc du passé – mars est déjà passé.
cornes futures dans le flanc du passé – mars est déjà passé.
Mars agite les bras ; regardez, il agite les bras. Il n’y a rien à
voir – giboulées sur la face. Mars est un pont qui brûle.
En mars tu sais déjà ce qu’en mai tu ne feras pas."
*
Pierre Peuchmaurd
extrait de Trente-six strophes de l'année, Wigwam, 1995.
Nouvelles en trois lignes
"C'est au cochonnet que l'apoplexie a terrassé M. André, 75 ans, de Levallois.
Sa boule roulait encore qu'il n'était déjà plus."
"Le canonnier Ruffet s'est enfui de la prison de Brest avec la sentinelle.
Lui seul a été rattrapé."
"À Clichy, un élégant jeune homme s'est jeté sous un fiacre caoutchouté, puis, indemne, sous un camion, qui le broya."
"Comme M.Poulbot, instituteur à l'île-Saint-Denis, sonnait pour la rentrée des écoliers, la cloche chut, le scalpant presque."
"Explosion de gaz chez le Bordelais Larrieu.
Il fut blessé. Les cheveux de sa belle-mère flambèrent.
Le plafond creva."
"Encore quatre ans et M. Renard, de Verrières, était octogénaire. Mais il souffrait trop de sa maladie de coeur. Il s'est suicidé."
Il ressemblait à Abraham Lincoln, mais M. Félix Fénéon, France, écrivait plutôt des nouvelles en trois lignes, dont la très belle édition de Cent pages, Grenoble, nous permet encore la lecture aujourd'hui.
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Nouvelles en trois lignes, Félix Fénéon, éditions Cent pages.
Un soir au club
"Le piano n'était pas le violon d'Ingres de Simon Nardis. C'était bien plus qu'un violon d'Ingres. Le piano était pour lui ce que la peinture était pour Ingres. Il cessa de jouer comme Ingres aurait pu cesser de peindre. C'eût été dommage, dans le cas d'Ingres. Ce fut dommage dans le cas de Simon Nardis."
C'est avec ce paragraphe que débute Un soir au club, le livre de Christian Gailly paru en 2001 et qui attendait patiemment son tour sur les rayons de ma bibliothèque depuis des années. Il y est beaucoup question de piano donc, de musique incidemment, et plus précisément de jazz, dont l'auteur restitue à merveille la sensualité et le rythme.
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- Un soir au club, Christian Gailly, Paris, éditions de Minuit, 2001, coll. "Double", 2004.
Déboutonnez votre
Edition originale.
Publiées en juillet 1943, pendant l'Occupation, par les différents Centres d'Action Surréaliste de Paris (Noël Arnaud), en Zone Nord (André Stil) et en Zone Sud (Pierre Minne), ces cartes portent les maximes désormais célèbres : "Si vous n'êtes pas curé, général ou bête, vous serez Surréaliste", "Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette", "Si vous aimez l'amour vous aimerez le Surréalisme". Au verso, poèmes par Noël Arnaud, André Stil, Boris Rybak et Marc Patin.- On joint le prospectus d'abonnement à la première série des Feuillets du Quatre Vingt et Un.
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Trouvé sur la page Facebook "Improbables librairies, improbables bibliothèques".
Tapis rouges
Les tapis rouges du café Matina (ancien Romolo), où de toute éternité je suis allé, et qui accueillit il y a quelques années de cela ma première exposition montréalaise.
Le Cavalier suédois
"- J'ai plus d'un tour dans mon sac, se vanta le Torcol. Je sais chercher les puces du hérisson, ferrer une oie, faire des petits tabliers aux sauterelles, et je n'ai qu'à siffler pour que les poissons bondissent en rangs de leur vivier."
Quel meilleur temps que le froid mois de janvier pour se (re)plonger dans l'univers sombre et fantastique du Cavalier suédois, l'un des remarquables romans d'aventures de Leo Perutz, si élégamment empreint de réalisme magique?
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- Le Cavalier suédois, Leo Perutz, éditions Phébus, coll. "Libretto".
Bargains for everybody
Souvenir retrouvé de Toronto, dans le mythique magasin Honest Ed's. Pour les parisiens, imaginez que les magasins Tati utilisent leur argent pour financer des spectacles de théâtre, en vendant de tout, de la gaine couleur chaire par lot de douze au cercueil exposé en vitrine en passant par des statuettes de plâtre à l'effigie d'Elvis.
Avant/après
L'automne, traditionnellement trop occupé par le travail, ne m'avait pas laissé le temps de faire de nouvelles photos, mais les récentes chutes de neige m'ont donné un petit coup de fouet. De retour d'une longue promenade nocturne, en voulant regarder les images que je venais de prendre, j'ai eu la surprise d'en retrouver quelques unes prises au mois d'octobre et que j'avais oubliées depuis dans l'appareil.
Et voici la même, deux mois plus tard.
.
Paris Texas
Paris Texas, près de trente ans après sa sortie, le chef d'oeuvre de Wim Wenders n'a pas pris une ride, la photographie est toujours aussi époustouflante et méticuleuse, la musique de Ry Cooder est aussi envoûtante que dans nos souvenirs, et Nastassja Kinski bien plus belle encore.
Tête de piaf et chevaux du roi
Michèle Bernstein est invitée à la télévision pour présenter Tous les chevaux du roi, qui vient alors juste de paraître aux éditions Coréa. Comme le soulignait mon ami BC, en me montrant cette séquence, le roman de Bernstein parodie ceux de Françoise Sagan, tellement à la mode dans ces années-là. On la soupçonne même de se moquer de Sagan dans les réponses même qu'elle donne. Quand l'une aimait tellement la Côte d'Azur, l'autre se targue en riant de la décrire sans y être jamais allée.
Coincé entre le panache de sa coiffure et le ton de raideur paternaliste qu'il essaie d'adopter, le présentateur est visiblement décontenancé par les réponses de Bernstein et son regard espiègle.
"- Il y a souvent des voitures dans votre livre.
- Oui, oui, mais enfin je ne sais pas conduire. Mais enfin une voiture...
- C'est une voiture comme dans les livres de Françoise Sagan?
- Je ne sais pas, je ne l'ai pas vue, je n'ai pas vu non plus la voiture des romans de Françoise Sagan, elle doit être plus belle."
Tout cela, évidement, donne envie de relire ce livre, et d'insister auprès des éditions Allia pour rééditer La nuit, qu'ils nous promettent depuis bien longtemps.
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-Tous les chevaux du roi, Paris, éditions Allia.
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