Photos, livres, aventures.

Arthur H sur le toit






C'est sur le toit d'une grande compagnie basée à Montréal qu'Arthur H est venu début septembre présenter pour la première fois son nouvel album, Soleil dedans, qu'il avait justement enregistré l'hiver dernier dans cette ville qu'il affectionne particulièrement.
En plus du concert magnifique, le spectacle était aussi, hier soir, dans le ciel, et j'avais la chance d'être aux premières loges.







Cécile Ronc, le pays où l'on n'arrive jamais

Courants contraires, huile sur toile, 91x122cm, 2014.
Cécile Ronc Le pays où l’on n’arrive jamais
Du 5 au 27 septembre 2014, Cécile Ronc présente son travail le plus récent à la galerie McClure à Montréal.




"L’évolution récente de mon travail s’est imposée comme une solution naturelle à mon désir d’impressionner la mémoire des paysages lunaires d’Islande rencontrés lors d’un voyage qui m’a transportée. Dans ce pays palimpseste , l’histoire de la terre est à nu, ses rides évidentes ; les traces d’érosion, d’irrigation, ainsi que les flux qui creusent, qui modèlent, sont comme les veines, le souffle qui alimentent le corps. Ces terres, leurs couleurs, y sont l’indication temporelle littérale de bouleversements telluriques passés : champs de laves noirs ou verts dépendamment de leur âge, le lichen ayant eu le temps de reprendre le dessus ou non. C’est cette souveraine et belle indifférence de la nature que je désire peindre. L’influence de ces terres insolites m’a conduit à développer une manière de peindre fluide, laissant sa place au hasard et au « naturel », incitant ma peinture à se rapprocher de son fantasme de se faire paysage, autrement dit d’imiter la manière dont crée la nature.

Le pays où l’on n’arrive jamais est le pays que s’obstinent à retrouver les personnages du roman d’André Dhôtel et qui ne peut être rejoint ; le pays des souvenirs, des rêves, du vécu, des mémoires cumulées de mille lieux. C’est le pays de l’enfance, du premier regard qu’on a eu sur le monde, de ce regard qui ne cherche pas à qualifier et se contente de voir les choses telles quelles, dans leur existence propre, sans adjectifs. C’est l’espace pictural que j’aspire sans cesse à engendrer et à élargir, peuplé d’impressions diverses, de réminiscences paysagistes vécues ou rêvées. C’est également le lent et patient travail d’exploration dans une même direction ; la terre promise que l’on souhaite atteindre et qui n’est là que pour nous donner de quoi tendre vers, pour nous donner l’élan. Matisse écrivait en ce sens à Bonnard, à la fin de sa vie : "Giotto est pour moi le sommet de mes désirs, mais la route qui mène vers un équivalent à notre
époque est trop importante pour une seule vie. Cependant les étapes en sont intéressantes."

C’est dans les méandres qui tendent vers et les sables mouvants dans lesquels parfois je m’enlise que je parviens, par chance, à l’occasion, à m’arrêter un instant pour admirer la vue et voir enfin ce qui m’entoure. L’exposition présentée à la Galerie McClure est une halte, un relais dans la quête sans fin de ce pays où l'on n'arrive jamais."

C.R.


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Cécile Ronc est une peintre d’origine française installée au Québec depuis 2005. Diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle a obtenu une bourse de résidence de trois mois à la Casa de Velázquez à Madrid (printemps 2009), a récemment eu des expositions personnelles à la Galerie d’art d’Outremont (janvier 2014), à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal (mai 2012), à la galerie Elissa Cristall à Vancouver (septembre 2012) ainsi qu’à la Galerie Premier Regard à Paris (février 2010).


Vernissage : jeudi 4 septembre à 18 h
Heures d'ouverture : mardi au vendredi de 12h à 18h ; samedi de 12h à 17h galeriemcclure@centredesartsvisuels.ca







Georges Schehadé

Être en vacances, ce n'est pas lire léger, ce qui ne rime à rien, mais ce n'est pas forcément s'assommer à coups de lourds pavés. C'est avant tout prendre le temps de lire, voire s'offrir le luxe de relire, et quand on le peut c'est avant tout aller lire ailleurs. J'ai eu la chance récemment de voyager un peu dans la bibliothèque familiale, et d'y puiser de quoi alimenter les longues soirées de l'hiver à venir.
Quelques amis de qualités m'avaient parlé dans les derniers mois, ou les dernières années, de la poésie de Georges Schehadé, si bien qu'en voyant son recueil en Poésie Gallimard dans les rayons, je l'ouvrais à la première page pour y jeter un coup d'oeil :


D'abord derrière les roses il n'y a pas de singes
Il y a un enfant qui a les yeux tourmentés


Ce premier texte date de 1938, les autres suivront, ni trop, ni trop peu, et je dois résister à la tentation de citer ici la moitié du recueil.
Mais quand même, ces trois là.


À ceux qui partent pour oublier leur maison
Et le mur familier aux ombres
J'annonce la plaine et les eaux rouillées
Et la grande Bible des pierres

Ils ne connaîtront pas
- À part le fer et le jasmin des formes
La Nuit heureuse de transporter les mondes
L'âge dans le repos comme une sève

Pour eux nul chant
Mais la rosée brûlante de la mer
Mais la tristesse éternelle des sources


***



Dans le sommeil quelquefois
Des graines éveillent des ombres
Il vient des enfants avec leurs mondes
Légers comme des ossements de fleurs
Alors dans un pays si proche par le chagrin de l'âme
Pour rejoindre le pavot des paupières innocentes
Les corps de la nuit deviennent de la mer


                                                                                  ***

Dans cette campagne où le soleil meurt
Comme un cheval boit
L'herbe et le temps ont la même peine
Un violon chasse des ombres de sa main
Rappelle toi les étangs de la mer lointaine
Quand tu dormiras dans la terre des enfants

 ***











Ce jeune mannequin aux jambes étonnements réalistes semblait regarder passer les vélos avec une joie très simple.




Lauren Bacall

Belle et élégante jusqu'au bout, Lauren Bacall est donc morte en ce mois d'août. C'était the look, ce regard qu'on n'oublie pas, et certaines répliques faites pour marquer les esprits en se jouant avec les limites de la censure de l'époque.

"You know how to whistle, don't you, Steve? You just put your lips together and... blow."

(To have and have not, Howard Hawks,1945) 





Rey Rogors



Après le très beau et très touchant J'aime les filles, paru au printemps à L'Oie de Cravan, la réalisatrice et dessinatrice Obom profite de l'été pour faire paraître en toute discrétion Rey Rogors aux éditions Mille putois, un mini album infiniment drôle en parodie/hommage au cow-boy chantant Roy Rogers.










Dear James, don't fuck with me.


























Signalée par l'un de nos agents, voici une lettre de Stanley Kubrick adressée en 1970 à un producteur de la Metro Goldwyn Mayer qui, on le comprend, avait alors en tête de tourner une suite 2001, l'odyssée de l'espace.
Au ton de la lettre, on peut imaginer la colère noire du réalisateur. Pour ceux qui maîtriseraient peu ou pas la langue hollywoodienne, sachez que Kubrick menace le plus sérieusement du monde, mais non sans humour, de sodomiser l'audacieux producteur à grands coups de fémur de tapir s'il n'abandonne pas le projet sur le champs.
Le message est clair, you don't fuck with Stanley.


Note importante : après avoir contre-vérifié ses sources, notre scrupuleux agent nous informe à regrets que cette lettre est en fait un canular. Ne sachant pas si nous devons en être soulagés ou déçus, et comme elle nous a quand même bien amusé, nous avons donc décidé de la maintenir sur ce blog.





Mon coeur ne bat que pour Picabia

Jean-Jacques Lebel, 1962. Musée d'Art moderne de la Ville de Paris.




















Lancement du dixième Bathyscaphe et de L'Oie de Cravan


Le Bathyscaphe et l'Oie de Cravan


Après de longs mois de navigation aléatoire dans les eaux glaciales d'un hiver sans fin, le Bathyscaphe refait surface, enfin! 







C'est en grandes pompes et en chemisette que l'équipage du Bathyscaphe au grand complet vous accueillera pour célébrer la parution de son dixième numéro.



Équipage international - Humour aquatique - Articles profonds - Jeu confondant - Toujours bilingue - Toujours inactuel - Aucun dossier spécial



Avec des articles de : Byron Coley, Thurston Moore, Bérengère Cournut, Hermine Ortega, Hélène Frédérick, Daniel Canty, David Clerson, Valerie Webber, Pierre Rothlisberger, Maxime Catellier, Setrak Manoukian, Jacques Desbiens, Joel Gayraud, Barthélémy Schwartz, Romy Ashby, Joseph Balicki et Tosh Berman.



Ce lancement sera aussi celui de trois titres parus à L'Oie de Cravan, à une époque pas si lointaine où le froid nous assaillait encore. Il s'agit de :


                -  Fatigues, aphorismes complets, de Pierre Peuchmaurd

-  Serviteur, les princesses!   de Anne-Marie Beeckman

-  Wendy Ratherfight, de Bérengère Cournut











Le lancement aura lieu le jeudi 5 juin 2014 à 18h

à la librairie le Port de tête
262 av. Mont-Royal est
Montréal (Qc)





Noyer le poisson


Pour ceux qui en ont soupé des poissons d'avril, voici un autre beau collage de Monsieur Dubois, dont les deux très beaux livres, Zoo et On the beach, parus au regrettées éditions Attila, sont encore disponibles en librairie.





Suite au labyrinthe

Épisode 505. Dans lequel nous continuons la lente exploration d'un immeuble décidément labyrinthique.



L'arbre à poussins

10ème étage sans ascenseur.

L'arbre à poussins






L'hiver ne fait plus semblant, il est là, il s'installe. Dans notre inlassable exploration des mêmes endroits, il nous faut alors aller là où la lumière ne s'éteint jamais.













Terre-Neuve / Newfoundland, prise 2



Sur la route de nulle part.


Cape Spear, le point le plus à l'Est du continent américain.


L'ancien phare de Cape Spear.




Route 220.


Route 210.







Route 220.










Retour

Nous rentrons à l'instant d'un voyage magnifique en Terre-Neuve et autres îles de feu.
Enfin, enfin, nous allons pouvoir montrer de nouveaux paysages.
Aperçu.