Photos, livres, aventures.
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Boucherie Peuchmaurd







































Voici, pour ceux qui en doutaient encore, la preuve irréfutable et définitive que nous n'avons pas toujours parlé de livres dans cette famille.
Du temps de mes arrières grand-parents, à l'époque heureuse où l'on pouvait encore suspendre son cochon sur le trottoir, le sang coulait à flots à la boucherie Peuchmaurd, sise alors avenue de Saint-Ouen à Paris.












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Tout petit déjà














Presqu'aussi vieux que les grottes de Lascaux, cette photo reçue par des voies impénétrables.

De gauche à droite, Jimmy Gladiator et Pierre Peuchmaurd, déjà et encore la fine fleur de la poésie française de leur temps, alors que le nain que je suis au milieu leur montre le panorama du haut de la tour du merveilleux château de Turenne, le mien de toute éternité.

Troubadours sur Glane? La poésie en sandales, et son fils en short à bretelles, toute une époque. C'était il y a plus de vingt ans, et je me souviens de cette visite, de cet instant dans la tour.











La théorie du noisetier (Hardellet chasseur, 2)



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Noisetier. Il y a toujours un secret majeur derrière les noisetiers, poudreux d'août, trempés d'octobre; si vous en doutez, rien n'arrivera.
C'est le vent, prétendent-ils, ou bien un merle. Aussi vite que vous bondissiez le secret vous devance et se réfugie plus loin.
Voici des années que je guette, barbu, en loques, ermite verdâtre. Je finirai par les lasser dans cette lutte de patience et de ruse. Il faudra bien, un jour, que quelqu'un écarte les feuilles, me fasse signe et me montre."


André Hardellet, Répertoire, in Les Chasseurs, éditions Pauvert, 1966.



À moi, qui aie personnellement connu un noisetier et qui aie grandi à l'ombre d'un poète, qui suis donc doublement bien placé pour comprendre ce que Hardellet veut dire, il faudra un jour qu'on explique pourquoi cet auteur, si tranquillement majeur, si doucement essentiel, n'a pas son buste dans les écoles ni sa statue équestre dans les parcs.







D'un carnet à l'autre
















Il en est des carnets comme des agendas, un jour ou l'autre on finit par en atteindre la dernière page, avec cette différence toutefois que l'on ne sait pas à l'avance quand se terminera le carnet.
Finalement, on en achète un autre - un Moleskine encore, et tant pis pour le cliché - et vient alors le meilleur moment, celui où l'on relit toutes les notes accumulées, les listes de livres, de films, de villes, que l'on veut lire, regarder, visiter, des extraits de dialogues improbables entre deux personnages d'un livre que l'on n'écrira pas. Puis on fait le tri, de ce qu'il est temps de laisser derrière soi et de ce qu'il convient de recopier afin de ne pas en perdre la trace.
Parmi les listes en cours, on trouve ainsi une liste des titres envisageables et une autre des évènements marquants de 1977. Autant de poésie concrète en si peu de pages, c'est effrayant.
Enfin, tout carnet qui se respecte doit abriter son contingent de citations que l'on pourra ressortir pour mieux briller en société.
Celle-ci par exemple, empruntée à ce vieux sage d'Henri Calet dans Le tout sur le tout, et qui peut s'avérer utile dans les zones de turbulences:

"Prenez le chagrin d'amour le plus violent, laissez-le mariner, ajoutez-y dix ans, et il n'en restera rien, ou presque, une impression vague de roman aux trois quarts oublié."