Photos, livres, aventures.

Beau sapin






Le syndrome grec menaçant l'esprit de Noël.





___________________________________________________

Merci à Jean-Pierre Paraggio de m'avoir adressé cette carte.



Ô Paon




















Loin de la frénésie habituelle du temps des fêtes, voici un aperçu minuscule de l'univers singulièrement poétique de Geneviève Castrée, alias Ô Paon, dessinatrice et musicienne, simplement charmante et doublement talentueuse.











L'idole des vieux




Dure semaine pour les icônes : voilà que Derrick, l'inspecteur chef au teint verdâtre de la RFA, héros de toutes les grand-mères du monde, vient de casser sa pipe.

Quelques jours plus tôt, c'est Betty Page qui partait réchauffer l'ambiance des cimetières.
Comme quoi, casse pipe et terre brûlée font souvent la paire.










La semaine des cinq transports



(*)















 






Encore une semaine d'émotions et de transports.
En vélo tout d'abord, ce qui s'est avéré un peu extrême il faut bien le dire au vu des conditions météorologiques (froid mordant, neige tombante, glace glissante).

Puis il y eut le lancement tant attendu du troisième numéro du Bathyscaphe, le journal qui coule, mais ne se rend pas.
Pour certains, c'est anodin, mais notre équipage est assez fier d'avoir réussi le pari d'en sortir trois dans l'année. Néanmoins, nos créanciers voient rouge, aussi je me permets de suggérer à tous ceux qui ne seraient pas encore abonnés d'y penser fortement, et à ceux qui le seraient déjà de se multiplier.

Ce qui nous amène sans détour à l'aéroport, d'où partent les avions qui s'apprêtent à s'envoler vers tous les horizons, chargés de numéros que d'aimables factrices, souriantes et matinales, glisseront dans les boîtes aux lettres non sans avoir hésité un moment à le garder pour elles.

Et puis il y a l'hiver, quand pour déplacer la neige dans nos pays froids, des élus locaux remettent périodiquement les clés d'engins de mort à des repris de justice sadiques et malvoyants. Ces chenillettes - puisque c'est ainsi qu'on les nomme - sont issues du croisement incertain de papomobiles, de tondeuses à gazon et de chars d'assaut nains pour guérilla urbaine. Ceux qui les connaissent se précipitent sur la chaussée à leur approche, car c'est bien sur les trottoirs que des brutes sanguinaires les font zigzaguer en espérant broyer les os des piétons les plus jeunes et les hanches en plastique des plus âgés. Et comme le permis de tuer ne leur a pas encore été octroyé, ces chauffards décérébrés se vengent en détruisant sur leur passage le plus possible d'arbres et de vélos. Dont le mien.

Pour apaiser ma terrible colère, je me suis plongé dans un livre magnifiquement illustré de Jacques Pharand sur l'histoire des tramways de Montréal (*). Beaume apaisant de la nostalgie d'une époque que l'on n'a pas connu.




_______________________________________________________________
(*) Photo extraite du livre À la belle époque des tramways, de Jacques Pharand, Montréal, éditions de l'Homme, 1997.




Bathyscaphe 3.0






















Il est vivant!

Nous avons bien failli rester prisonniers des glaces jusqu'au printemps, mais cette fois encore nous avons réussi à rallier le port. Voici donc venu le temps de faire bombance et ripaille pour le lancement du troisième numéro du Bathyscaphe.
Les capitaines et le personnel de bord sont heureux de vous inviter le jeudi 11 décembre, entre 20h et 23h, à la belle librairie Drawn & Quaterly, sise au 211 rue Bernard Ouest dans la grande ville de Montréal.

Venez découvrir les incroyables nouveautés du Bathyscaphe, avec:

- le même format!
- presque les même gens!
- et un nouveau papier, encore plus chic!

Pour ceux que la curiosité chatouille, le sommaire du numéro peut se lire ici-même.

Enfin, pour que vous ne regrettiez pas d'avoir affronter des températures effroyables, les éditions de l'Oie de Cravan lanceront en même temps Bébé, le nouveau livre de Nadia Moss.







En temps et lieux
















Un an après la parution de En temps et lieux, Patrice Desbiens donne suite à son projet avec une logique désarmante avec En temps et lieux 2. Où l'on retrouve avec plaisir le style de celui qui nous avait enchanté dans Un pépin de pomme sur un poêle à bois.

Un extrait (presque) de saison:


Le temps des fêtes

Je suis tanné

usé

comme une peau
de tambour.

J'ai la cervelle
pleine comme un
pot de chambre.

Tanné d'être dans
mon corps
je l'enlève comme
on enlève son
manteau d'hiver.

Je le jette sur les autres
comme sur un lit
du temps des fêtes.




_______________________________________

- En temps et lieux, Montréal, L'Oie de Cravan, 2007.
- En temps et lieux 2, Montréal, L'Oie de Cravan, 2008.
- Un pépin de pomme sur un poêle à bois, Sudbury, éditions Prise de Parole, 1995.






La Nature chez elle






















Pendant ce temps là, dans la France profonde et désolée, deux hommes rusaient, feignant de courber l'échine, pour mieux surprendre la nature chez elle.

La Nature chez elle, c'est le titre du dernier texte de Pierre Peuchmaurd paru dans la Collection de l'Umbo, sur des images de Jean-Pierre Paraggio. (Que l'on ne se fie pas à la médiocrité de mon scanner, les images sont magnifiques.)


Extrait et aperçu :























"Bien sûr, le loup y est. Il est
toute la forêt, il est l'avale-lumière
et il est la lumière. Les chevreuils portent
la lumière, la font courir ;
c'est leur fonction dans la forêt,
dans mon sommeil et dans ma gueule."




J-P. Paraggio, décidément en forme, vient également d'illustrer
Je serai africaine
, texte d'Anne-Marie Beeckman paru dans la même collection.
Ce qui fait non pas un, mais bien deux livres à offrir.



____________________________________________________

- La Nature chez elle, Pierre Peuchmaurd et J-P. Paraggio, Collection de l'Umbo, tirage numéroté de 100 exemplaires, 2008.
- Je serai africaine, Anne-Marie Beeckman et J-P. Paraggio, Collection de l'Umbo, tirage numéroté limité à 70 exemplaires, 2008.

15 euros chaque (port compris)
à l'ordre de Jean-Pierre Paraggio
33, avenue Jules Ferry
74100 Annemasse
France




D'hiver et varié























Ç
a y est, puisque l'on est enfin débarrassé du salon du livre de Montréal, il va être temps de passer aux choses sérieuses: Expozine.
Comme chaque année, Expozine réuni pendant deux jours les petits éditeurs, les bricoleurs de fanzines, les micro-brasseurs de la publication, du poétique au politique, en passant par la BD, la gravure, la photo, la sérigraphie et la confiture.

Cette année, fier comme Artaban et comme un bar-tabac, nous tacherons d'entrer par toutes les issues et d'occuper le plus d'espace possible. Pour cela, nous porterons plusieurs casquettes et divers plumages:

- À titre personnel, j'y serai avec dix-huit photos, anciennes et nouvelles, d'un format plus petit et propice à l'achat compulsif. Vous allez enfin pouvoir réaliser votre rêve : dissimuler à peu de frais l'immense tache d'humidité sur le mur de vos toilettes avec un papier peint original.

- Le Bathyscaphe, actuellement en surchauffe, agite son périscope dans tous les sens pour réussir à traverser le détroit de l'Imprimeur malgré les vents et les courants contraires. Dans tous les cas, les curieux qui auraient passé toute l'année sur une île du Pacifique pourront se procurer les deux premiers numéros, et si les dieux sont avec nous, le troisième volet sera disposé en piles encore fumantes.

- Pour notre voisinage immédiat, nous avons sélectionné la crème de l'édition de poésie. L'Oie de Cravan, pilier du genre, nous fera un peu de place sous son aile tout en exposant ses nouveautés (Mon sofa brise-glace, de Natalie Thibault, et En temps et lieux 2, de Patrice Desbiens). De l'autre côté, Valerie Webber présentera avec le sourire ses recueils de poésie parus sous l'étiquette Big Baby Books.


___________________________________________
Expozine
les 29 et 30 novembre 2008, de 12h à 18h
5035 rue Saint Dominique (voir carte)
(Église Saint Enfant Jésus, entre Laurier et Saint-Joseph)
Entrée gratuite.




Bonheur d'occasion


C'est entendu, il y a aussi de bons livres parmi les nouveautés. Tout le monde l'a dit, certains auteurs confirmés ont même donné de "bonnes livraisons" comme dit la presse. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé Courir, de Echenoz, et Le Chasseur de lions d'Olivier Rolin. Lacrimosa est également un des très bons livres de la rentrée, sauf qu'avec Jauffret il me reste toujours un petit arrière goût de je ne sais trop quoi.

À part ça, j'ai changé de librairie depuis quelques semaines maintenant, passant de la grande chaîne du neuf à une petite librairie indépendante où le neuf et l'occasion, le rare et la curiosité se mélangent avec bonheur. Ce qui me donne - entre autres privilèges - celui de voir passer presque tous les jours des livres peu ou pas distribués, épuisés, voire complètement oubliés.
J'en profite évidement pour dépenser une partie de ma paye dans l'achat de menus trésors, que je m'empresse de partager afin d'adoucir les frimas qui nous accablent (1).
Voici donc Le Réservoir des sens, signé de Belen dans son édition originale à La Jeune Parque en 1966.
Derrière ce pseudonyme se cachait alors Nelly Kaplan, la future réalisatrice de La Fiancée du pirate (1969), film culte pour les aficionados de Bernadette Lafont.
Mais en attendant de devenir réalisatrice, Kaplan avait commencé par écrire quelques textes et avait approché les surréalistes et leurs alentours. C'est donc tout naturellement que les nouvelles réunies dans le Réservoir des sens sont présentées par Philippe Soupault et André Pieyre de Mandiargues.
On y découvre d'étranges récits, où se mêlent un érotisme gentiment désuet et un goût évident pour le fantastique, la science-fiction et les histoires de vampires.
Comme le livre est illustré par André Masson, on se dit que la jeune femme d'alors avait su émoustiller tous ces messieurs avec ses histoires.
Quelques titres pour se faire une idée: La géométrie dans les spasmes, Délivrez-nous du mâle, La circonstance exténuante, Le plaisir solidaire, Je vous salue maris, etc.

Que les curieux désespérés se rassurent, le livre est de nouveau disponible dans une réédition au Castor Astral.

Enfin, voici une courte biographie qui se trouvait insérée dans mon exemplaire:


"Née d'un père marin et de mère inconnue, Belen manifeste dès sa plus tendre enfance un penchant très vif pour la littérature érotique.
Amenée par le métier paternel à fréquenter toutes sortes de quartiers dans des pays divers, elle acquiert très tôt la confirmation empirique de ses lectures.
Son père n'est pas étranger à cette initiation et Belen gardera toute sa vie un souvenir attendri de certaines chaudes nuits d'Amsterdam.

Orpheline seize ans, voyante et voyeuse, elle entre comme préposée au linge dans une maison de rendez-vous de Shangaï. C'est à cette époque que commencent à se manifester ses étranges pouvoirs divinatoires, et elle est ainsi appelée partout dans les grandes familles d'Europe et du Cambodge pour lire l'avenir dans les draps. Son succès ne connaît pas de limites.

Devenue fabuleusement riche, elle se retire vingt-trois ans dans une île de la Mer des Sargasses, oû elle partage ses loisirs entre l'écriture et des expériences érotiques sur des tortues géantes. En 1959, après une déception sentimentale qui la marque profondéemet, elle quitte définitivement sa retraite et séjourne quelques jours Paris pour surveiller la première édition de ses oeuvres. Elle repart ensuite dans sa nouvelle demeure des Îles de la Sonde, où elle investit le reste de sa fortune dans la culture et l'apprivoisement de fleurs carnivores, récente découverte révolutionnaire dans le domaine de l'avortement sans douleur.

Aux dernières nouvelles, Belen rédige un premier volume de souvenirs: Mémoires d'une liseuse de draps, appelé à avoir un prodigieux retentissement."

Que cette "biographie" soit signée de l'auteur elle-même, de son éditeur, ou encore de l'un des ses parrains littéraires, voilà ce que je ne sais pas et qui hante mes nuits.


________________________________________________________________________________
(1) Certains se demanderont : comment peut-il adoucir des frimas? Et on les comprend. La réponse est : il fait ce qu'il veut.



Du progrès et de ses applications possibles

photo Man Ray




Certes, grâce à la science, la médecine moderne fait chaque jours des progrès fulgurants qui la rendent capable d'améliorer le quotidien de ceux qui souffrent, comme le montre cette photo du dernier cri en matière de prothèse.
Par contre, il reste encore pas mal de choses à faire contre la bêtise. On savait déjà qu'il ne fallait plus dire aveugle, mais non-voyant, et que les femmes de ménage avaient toutes été promues techniciennes de surface.
Or ce soir, mon regard fut attiré par une vitrine que je n'avais jusqu'alors jamais remarqué et qui annonçait en gros caractères un laboratoire d'orthèses du pied. Quelle ne fut pas ma déception en m'approchant de constater qu'il ne s'agissait en fait que d'un vulgaire magasin de chaussures.








La force de l'habitude








































Retour aux basiques. Poser le vélo, marcher à nouveau, vers le même café, en empruntant la même ruelle. Attendre un peu, parler un peu du temps qu'il fait avec la serveuse que l'on aime bien et qui nous connait, depuis toutes ces années. Sortir, retourner dans la ruelle, et s'apercevoir que quelque chose y a changé, quelque chose qui fait qu'il y a encore un détail que vous n'aviez pas photographié dans ce quartier.












Panne sèche




















Terrible sentiment de frustration qui me ronge, voilà trois mois que je n'ai pas fait une seule photo valable. Depuis des années je réussissais à peu près à continuer de photographier Montréal, même si certaines vues étaient devenues franchement récurrentes (les poubelles, ruelles, vitrines et autres bords du canal), mais il semblerait que cette fois j'ai fait le tour du sujet, enfin, tel que je l'abordais jusqu'à présent. Ce n'est pas une surprise, je savais depuis longtemps que cela me pendait au nez, mais cela n'enlève rien à cette angoisse qui me saisit de ne pas rapporter de nouvelles images.
Bien sûr, il faudrait sortir de la ville, voir d'autres sujets, d'autres cieux, ça aiderait, mais comme cela ne risque pas de pouvoir se faire avant l'autre bout du tunnel hivernal dans lequel on s'apprête seulement à entrer, autant dire qu'il va falloir trouver autre chose. Mais quoi?












Mourir en version originale




Démocrates ou républicains? Noir ou blanc? Pourra t'on encore vivre après-demain sans parler anglais?
Pierre Desproges nous éclaire à ce sujet avec un début de réponse, étonnante bien entendu.












.

Confort moderne


























Je viens d'acheter un "aspirateur à main rechargeable".
D'après le mode d'emploi traduit en treize langues, cela comprend de nombreux accessoires, tels qu'une fixture pour la recharge et le remisage, un support pour les brosses et un suceur à plat aidant à nettoyer dans les endroits restreints.
Le grand luxe quoi.







Météo marine























Tout arrive, même des bonnes nouvelles du nouveau monde. Ainsi, depuis cette semaine, Le Bathyscaphe, ce grand journal qui touche le fond, est en vente en ligne sur le site Le Pressier (voir ici).
Désormais, que vous habitiez Venise en Québec, Oulan Bator ou Rosny-sous-Bois, vous ne pourrez plus échapper à l'envahissant Bathyscaphe.

Rappelons qu'à ce jour, deux numéros ont déjà parus, et que les rumeurs les plus folles circulent quant au lancement d'un troisième opus dans les premières fraicheurs décembristes.

Dans un même ordre d'idée, le flamboyant équipage sera également présent au salon Expozine à Montréal, qui se tiendra les 29 et 30 novembre prochains (plus d'informations sur Expozine ici).






Maid of the Mist



















Dans notre série, le Canada, un pays bilingue, voici le petit panneau que l'on peut lire au retour de la ballade sur le Maid of the Mist aux pieds des chutes de Niagara.









Sans attaches

En cherchant une image pour illustrer les annonces de rencontre, j'ai lancé l'autre jour plusieurs mots clés sur Google. Parmi eux, les lettres "nsa", pour no strings attached, abréviation très couramment utilisée dans les annonces en anglais pour préciser qu'on ne fait pas dans le sentiment.
On imagine donc ma surprise et mon amusement (ah! ah!), lorsque de la machine ne sortirent que des images, logos et autres liens de la NSA, la puissante National Security Agency, responsable de la sécurité de la communication et des ordinateurs du gouvernement américain, que l'on devine très portée elle aussi sur les rencontres sans lendemain.





Moi tarzan, toi Jane




(Photo Sean Adair, projet Chameleon people)




Les jours ont passé, je n'ai même pas eu le temps de voir les feuilles tomber qu'on annonce déjà les premières neiges. Du coup, je ne pense qu'à manger et dormir, à préparer mon hibernation.
Pour entretenir un minimum d'activité, j'ai placé stratégiquement mon ordinateur entre le lit et le frigo, ce qui me permet de continuer à étudier la sexualité des autres. Voici donc une nouvelle fournée.


Le comptable recherche une femme mariée!
Tu as certainement deux amants! Je veux te rencontrer non pas au bar,mais dans une autre place.

********

cherche un libanais ayant vécu hors du liban entre 48 à 55 ans
je suis une femme , cinquantaine, charmante,a la recherche d un LIBANAIS ayant vécu hors du Liban, pour une relation sérieuse .
PS: non fumeur trés important, non engagé, et surtout, pas de dentier.
Merci et bonne chance a tous.

********

Femmes poilues
Cherche femmes au sexe poilue pour dégustation.

*********

Pour femelle à la recherche d'elle même
Homme fin quarantaine, comprenant tes besoins et attentes ne désire que satisfaire ta perversion. Je respecte les limites et vise l'épanouissement du sujet.
Te rendre dépendante au plaisir est mon but. Tu seras la muse de tes désirs

*********

Si tu veux vivre cela toi femme proportionné
Si tu veut vivre une expérience ou mes mains et ma langue tenteront de te faire frémir par des attouchements longue et en douceur et découvrir des sensations hautes en voltige et connaître des jouissances multiples avant de de faire visiter le 7ième ciel moi je suis un être de 46 ans.

*********

pour me doucher
Beau jeune homme de 24 ans cherche femme de tout âge et toute forme, pour le doucher. sans douche







La revanche du barbu



















A
u risque de radoter pour certains, il me semblait tout de même essentiel de signaler que la rentrée littéraire a commencé cette semaine. Depuis quelques jours à peine, la vague Martinet déferle sur les tablettes des librairies de France et de Navarre. Quant au Québec, comme d'habitude, il devra ronger son frein quelques semaines encore.

Le talentueux, le barbu, le monstrueux Jean-Pierre Martinet est donc de retour avec une série de rééditions.
Après Nuit bleue, calme bière, (éditions Finitude) et La grande vie (L'Arbre vengeur), c'est au tour de Jérôme de réapparaitre. Trente exactement après sa première publication aux éditions du Sagitaire, revoici l'éreintant, le scandaleux et le ténébreux chef d'œuvre de Martinet.



Non content de l'avoir remis au goût du jour, les éditions Finitude ont fait de la belle ouvrage: très belle couverture, beau papier, trois chapitres inédits, un autoportrait de l'auteur, une préface de Alfred Eibel et une postface de Raphaël Sorin, qui pour avoir tous deux édité et côtoyé Martinet, en parlent avec le respect que l'on doit aux plus grands.

Comme par ricochet, deux autres éditeurs se souviennent après coup de l'avoir eu à leur catalogue et le ressortent du placard.
Ainsi, L'Ombre des forêts est à nouveau disponible en poche dans la Petite vermillon à la Table Ronde, et Le Dilettante republie Ceux qui n'en mènent pas large.









Reverdy et moi

















J
e n'ai jamais lu une ligne de Pierre Reverdy. Pas de quoi se vanter sans doute, mais c'est ainsi, son tour viendra.
Par contre, j'apprends en grappillant dans les Lettres des Antipodes de Simon Leys, qu'il aurait dit: "Il me faut tellement de temps pour ne rien faire, qu'il ne m'en reste plus pour travailler."

Voilà qui, mine de rien, réussit à résumer ma vie en une phrase.








______________________________________________
- Le Bonheur des petits poissons, (Lettres des antipodes), de Simon Leys, Paris, éditions J.C. Lattès, 2008.

Têtes d'affiche



























Dans la même catégorie de reprise en main de la décoration urbaine, ici un exemple d'autant plus heureux qu'il vient embellir un McDonald's ayant fermé.










Sur les murs

























Pour qu'il n'y ait pas que des affiches électorales et des publicités sur les murs de Montréal, quelqu'un s'amuse depuis quelques mois à coller des "photo-affiches" sur certains panneaux condamnant l'accès d'immeubles et de commerces fermés ou en travaux.










Les pieds dans la boue


















Tiens, voilà qu'en fouillant dans mes vieilles boîtes, je retrouve cette photo d'un gai jour du printemps dernier. Ce faisant, je me demande en la voyant pourquoi je l'avais mise de côté à l'époque, et pourquoi elle arrête mon regard aujourd'hui.
Question d'humeur sans doute, de sensibilité.
De là à dire que je me sens comme un terrain boueux traversé par des lignes à haute tension allant porter la lumière et la chaleur vers une ville sans doute ennemie, ça ferait un peu dramatique.







À vendre, chapelle ambulante, 6 cylindres, 140 chevaux





















Le révérend Branford Clarke, faisant la tournée des brebis égarées sur Internet dans sa chapelle ambulante, ne semble pas apprécier les annonces que nous venons juste de faire paraître.





___________________________________
source photo: Underwood and Underwood, National Geographic image collection

Plaisir corrélatif



Il
n'y a pas de quoi se vanter, mais je perds quand même un temps considérable sur Internet, où l'on trouve de tout, c'est bien connu, et souvent du pire. Comme par ailleurs j'ai toujours aimé lire les petites annonces dans les journaux, je prolonge de temps en temps ce plaisir sur mon ordinateur.
De l'appareil photo à la roue de secours pour chaise roulante, et du cadre de vélo rouillé au lot de 200 paires de chaussures identiques, on y croise vraiment de tout, et notamment beaucoup de solitudes.
En voici quelques unes parmi celles que que j'ai pu voir lors de ma dernière plongée dans ce monde fascinant. Je les reproduis telles quelles, fautes comprises.



Femme grosse ou très grosse recherchee
Femme ronde (avec surplus de poids) ou tres ronde (avec enorme poids) recherchee. Je vais vous faire trembler avec du plaisir. Je suis deja excite.
Je vous aime ma chère,

_______________________________

Recherche femme en sainte pour sexe pret a payer
Envoye moi une photo.

_______________________________

Salut!!!
Très beau noir de Montreal qui aimerait voir un couple de 20-45 ans en debat sexuel.


_______________________________
1 Homme 38 ans recherche 1 femme pour plaisir corrélatif
Ce que je recherche est une femme Hors Norme (définition un peu plus bas dans l'annonce). Ma quête est le plaisir charnel sans attache (mais peut être occasionnel).
Ce que je ne veux pas:
1) échange de sous!
2) copulation
Ce que je veux
1)Tendresse mutuelle
2) Sensualité mutuelle
3) Respect mutuel
4) Plaisir mutuel

Selon moi, voici ma définition d'une femme hors norme: Très Très petite taille, très forte taille. Age. Très très petite, très très grande. (pour + de détails ou... précision, écrivez moi!..

J'ai aucun TABoo; aucune limite. Quelque soit ton style, ton ethnie; si nous nous plaisons communément... nous nous amuserons. Une fois sur une terrain "neutre", nous nous évaderons ensemble...

Naturellement, tout commence par l'échange de photo! Ensuite... le plaisir débute!

Mesdames, a vos claviers, je vous attends!






L'aerocar et le tourbillon

















Ci-dessus, une carte postale ancienne achetée il y a deux ans dans une librairie d'occasion.
Ci-dessous, une photo prise sur les lieux du crime cet été.
L'endroit, le gigantesque tourbillon situé en amont des chutes du Niagara, et cet invraisemblable téléphérique survolant les eaux tumultueuses pour aller rejoindre, en face, la rive américaine.
Un seul regret, que les vents trop violents ce jour-là aient empêché la cabine de circuler, et donc de reproduire l'image encore plus à l'identique.

























.

Plaisir coupable et police anglaise





















Parmi les joies innombrables de la lecture, l'une de mes favorites est sans aucun doute la découverte dans un vieux livre - qu'il ait été trouvé d'occasion au fond d'une obscure librairie ou qu'on l'ait exhumé du grenier de ses grand-parents - d'un marque-page laissé par un lecteur ancien.
Tickets de métro, listes de courses, tickets de caisse (j'en ai trouvé un en Francs français récemment!), cartes postales, photo d'une ex, coupures de journaux, feuilles d'arbres, etc. Autant d'indices et de fenêtres ouvertes sur des inconnus et des pans de mémoire enfouis.
Je dois avouer que je prends moi-même un plaisir coupable à en farcir mes livres, tant par anticipation de mes délectations futures quand sera venu le temps de la sénilité, que pour laisser des traces de rien aux curieux à qui échoueront un jour ses volumes.

Quoi qu'il en soit, cette policière anglaise courant après de petits garçons nus sortis de la rivière est tout de même un des plus beaux spécimens qu'il m'ait été donné de voir à ce jour.





___________________________________________________________________
NB: Au moment de poster cette note, il me revient tout d'un coup que l'excellent Thierry Horguelin vient de faire une note similaire sur Locus Solus, catégorie marque-page, option carte de bibliothèque.
Toute ressemblance est purement fortuite, signe que la sénilité est encore plus proche que je ne le craignais.



Carte postale


























Dernier soubresaut vacancier avec cette carte postale envoyée par l'un des fiers marins du Bathyscaphe.


Précisons pour être honnêtes que cette carte fait partie de la série "Le Monde de l'Univers", créée et publiée par la maison suisse Plonk et Replonk éditeurs.



Les corbeaux saliveurs





















 





"L'Écorcobaliseur a disparu. La dernière fois qu'on l'a vu, il se promenait dans le port de Menfrez avec, au bout du bras, la tête ensanglantée de son frère."

C'est ainsi que s'ouvre L'Écorcobaliseur, le premier roman au nom imprononçable de Bérengère Cournut, paru aux éditions Attila. On ne se risquera pas ici à résumer l'intrigue que laisse supposer les premières lignes. Il suffira de savoir que l'Écorcobaliseur a un frère, l'Anicétonque, et une soeur, l'Isandreline, que les trois étaient jusque là indissociables et complémentaires, et que cette union leur est indispensable pour faire face à l'absence d'un père, d'un vide, d'un manque originel.

On est ici à mille lieues marines des travers habituels d'un premier roman. Pas de récit de rupture amoureuse ni de passage initiatique d'un "je" nombriliste. Encore plus rare, pas de pose ni de cynisme, comme si l'auteur avait déjà accompli sa mue avant de se lancer dans l'écriture de ce roman. Mais alors?
Alors, quelque part entre la tragédie intemporelle, le roman symbolique et le voyage imaginaire dans une sorte de triangle des Bermudes de la fiction, Cournut réussit à nous entraîner à sa suite dans une course à la compréhension des faits, du vide, du monde et du manque.
L'Écorcobaliseur est un roman liquide. Il y a Menfrez, le port d'attache, et La-Mer, qui est une île sur laquelle des Bédouins ont échoué sans que l'on sache comment. Entre les deux la géographie est incertaine, on pourrait être à la pointe de la Bretagne, aux confins des îles grecques ou dans le labyrinthe du Jutland. Cela n'a pas d'importance, on dérive de toute façon plus qu'on ne navigue, et pour naviguer, on s'en remet à l'étrange capitaine Hermann et à Henric, le marin au long cours.
Il arrive aussi que l'on communique grâce à des bancs de poissons en migration. Les objets les plus inattendus, comme la guillotine alternative, y sont présentés le plus simplement du monde. L'air, l'eau et le sable sont les éléments constituant ce roman aux lointains accents de Henri Michaux (1).




________________________________________
- L'Écorcobaliseur, de Bérengère Cournut, Paris, éditions Attila, 192 p., 16 euros.

(1) Nous ne sommes pas les seuls à le dire, le Matricule des anges aussi par exemple.




Des rayons dans les mains

J'ai vraiment besoin d'une bibliothèque supplémentaire. Celles que j'ai débordent de toutes parts, et des piles sauvages commencent à s'élever dans tous les coins à la vitesse d'une ville chinoise au galop.
Cet après-midi, je suis donc allé au magasin de meubles usagés qui se trouve tout près de chez nous, dans l'espoir d'en revenir avec suffisamment de rayons dans les mains et de bois sur le dos pour régler cette histoire de rangement.
Malheureusement, je n'ai rien trouvé d'intéressant. Du coup, avec l'argent que je n'avais pas dépensé, je suis allé m'acheter des livres d'occasion.










Paris, mon pote





















 








Les éditions Le Dilettante ont publié discrètement cet été Paris, mon pote, de Robert Giraud. Grand bien leur en a pris.
Tout limougeau qu'il est, Robert Giraud fut l'un des plus fins observateurs du Paris d'après-guerre, où il a débarqué encore jeune à sa sortie de prison.
Dans la lignée des piétons-piliers de bar-poètes-amoureux de leur ville, c'est logiquement que Giraud fut l'ami de l'autre Robert, Doisneau, mais encore de Jacques Prévert et de Jacques Yonnet, l'auteur de l'unique et inoubliable Rue des maléfices.
Si les amateurs considèrent Le Vin des rues comme son meilleur livre, Paris, mon pote n'en n'est pas moins intéressant.
Recueil d'articles parus dans diverses revues, qui sont autant de portraits touchants de ce Paris alors en train de disparaître, on y retrouve quelques uns des classiques de l'imaginaire parisien: les bals musettes et le flon-flon, les fortifs, les Gitans de Paris, la porte de Montmartre, le canal Saint-Martin, le tout sous l'œil vigilant des concierges et des hirondelles en vélo.

Extrait:
"Les pianos mécaniques, ceux qui les ont pratiqués en conservent une nostalgie semblable à celle que ranime un parfum reniflé par hasard sur un mouchoir abandonné à la suite d'une nuit d'amour inespérée, les pianos mécaniques, donc, ont fait leur temps. Par la magie d'une pièce de deux sous en bronze, la vraie, d'avant-guerre, la grande, ils rythmaient les heures, les unes après les autres, des réunions intimes tenues dans les estaminets des bordels de province. C'était indispensable."

On se délectera en passant de la préface d'Olivier Bailly, qui prépare aux éditions Stock une biographie de Robert Giraud sous le titre Monsieur Giraud, vous ne serez jamais un garçon sérieux.




______________________________________________

- de Robert Giraud : Paris, mon pote, Paris, éditions Le Dilettante, 2008, 157 p., 17 euros / 34,95$ Can.
- de Jacques Yonnet : La Rue des maléfices, Paris, éditions Phébus, coll. "Libretto", 10,50 euros / 20,95 $ Can.





Héraldication





















Les Quinzaines héraldiques, de Marcel Jean, dans l'Almanach surréaliste du demi-siècle.






























Éditions du Sagittaire, 1950.