Photos, livres, aventures.

Paris-Londe







































Avec des scies, on mettrait Paris en bouteille.



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À cette occasion, ne confondons pas Albert Londres, le célèbre reporter, et Albert Londe, le pionnier de la photographie moderne et de l'imagerie médicale, connu pour ses photos de patientes prises dans le service du professeur Charcot.


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"La tour Eiffel en construction", négatif sur verre d'Albert Londe, septembre 1888, collection SFP.





Du rififi dans l'écologie

























Écologie


En prévision des prochaines canicules, un projet de loi devrait permettre d'engager un arroseur public afin d'éviter la déshydratation des parapluies.





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La photo vient du tournage de Du rififi chez les hommes, le très américain et très beau film noir français de Jules Dassin.

Le roi du créneau

















De manière générale, les gens dans le quartier (pour ne pas dire à Montréal) profitent de la largeur des rues pour rater leurs créneaux, mais en voilà un qui relève la moyenne!

Véloterie

Demain matin, je dois amener mon vélo chez le réparateur pour lui offrir une petite révision printanière.
Enfin, je crois. Quand j'ai téléphoné, le type m'a conseillé de venir "en grande fin d'avant-midi".
Je vais essayer d'y aller vers onze heures, j'espère que ça ira.








L'Apache et l'Haas








































Attention: snobisme.
Tandis que je feuilletais tranquillement un numéro de Life de 1952, je suis tombé sur cette image...


Étrange photo, c'est le moins qu'on puisse dire.
En septembre 1952, le magazine Life a publié une série de photos prises par Ernst Haas au Nouveau Mexique. Paysages désertiques, chapeaux de cow-boys et l'ombre des cactus, assez beau reportage.
L'article qui accompagne les photos raconte que cette photo a été prise au cours d'une cérémonie Apache (sans préciser comment Haas s'est retrouvé là). Cette cérémonie, appelée la danse du couronnement (ou de la couronne, "the crown dance"), est présentée par Life comme étant une provocation à l'encontre des Blancs.
Toujours d'après la légende, Haas aurait demandé à un "brave" (c'est le mot employé par le journal) si il aimerait scalper un Blanc, ce à quoi l'autre lui aurait répondu: "Impossible, ils sont tous coiffés en brosse".
Difficile de démêler le vrai du faux. Reste cette image, qui m'envoûte complètement, et la joie de découvrir un photographe de cette façon.




Menu du jour



Entrée
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Réouverture de mon café préféré après des mois de closerie sans lilas.



Plat principal
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Après un court vol migratoire, l'exposition L'Envers du réél entame son deuxième volet dans la très sainte chapelle de la Halle Saint-Pierre.


Dessert
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La neige avait ce soir des airs de papier mâché, et le sac en plastique sur ma route imitait parfaitement la douleur d'un chien écrasé, jusqu'à ce qu'à mon tour je lui passe dessus.


Fromage de yak et liqueur de caribou sont offerts par la maison.










Cache misère



Après un petit feu de paille la semaine dernière, mon cerveau semble s'être éteint à nouveau. Un peu trop de vin peut-être, et trop de neige sur les tentatives de printemps. Du coup pour ne pas être en reste et pour qu'il y ait au moins une phrase intelligente ces jours-ci, voici une citation de Laurence Sterne:


"Le sérieux est un continent mystérieux du corps, utilisé pour cacher les défauts de l'esprit."

in Tristram Shandy






Sports d'hiver

















En avril à Montréal, faire du naturisme sur son balcon est un sport d'hiver comme un autre.






L'amour à Lapompe



















Le catalogue des prix d'amour de Mademoiselle Lapompe! C'est quand même mieux que de fantasmer sur les pages de sous-vêtements féminins du catalogue de La Redoute ou de Sears (selon le côté de l'Eau où l'on a eu quinze ans).
En même temps, vu le lyrisme des descriptions, on sent que pour 2,50 francs de plus elle vous change le carburateur ou qu'elle vous installe l'eau courante.
Et puis, en regardant mieux, on se dit que tout ça est un peu trop beau pour être vrai, jusqu'à l'adresse (69, rue du Chat Noir!).
Alors on cherche, on fouille, on archéole les connaissances limbiques et wikipédiennes (faute de mieux), et on finit par apprendre que Marcelle Lapompe est en fait l'un des nombreux pseudonymes de Renée Dunan (1892-1936, ou 40, ou 44) , qui fut entre autres: élevée au couvent, grande admiratrice de Sade, dadaïste de la première heure, écrivain, critique littéraire redoutée, féministe, anarchiste, naturiste, pacifiste... bref, un personnage haut en couleurs brûlant sa vie par tous les bouts avant de disparaître mystérieusement.





Et quelques nouvelles informations sur Renée Dunan, ici même.


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Merci à mon ami Patrick de m'avoir montré l'image des tarifs, et à T.H., grand amateur de canulars littéraires, de m'avoir mis la puce à l'oreille.



Immortalité relative















C'
est bien connu, le dimanche est le jour idéal pour faire des listes, ou pour consulter celles qui sont déjà en cours. Ainsi, en regardant ce soir la liste de mes lectures de l'an passé (1), je me suis aperçu qu'au mois d'août dernier, alors que mon père s'obstinait dangeureusement à nous faire douter de son immortalité à coups de coeur et de poumons, je lisais de mon côté des livres dont les titres s'enchaînaient bizarrement:
-
Va savoir (2)
-
Effondrement (3)
-
C'est toujours les autres qui meurent (4)

Joies du hasard et ses interprétations.





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(1) dans le genre névrose obsessionnelle...
(2) de Réjean Ducharme, Gallimard et Folio.
(3) de Jared Diamond, Gallimard.
(4) de Jean-François Vilar, collection Points.





Service à la clientèle




Jours et nuits, nos ingénieurs se relaient pour étudier courbes et diagrammes de fréquentation de ce site afin d'ajuster nos publications à votre goût!











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L'idée à liste au café


À Brive:

Le Majour et le Tryskell, pour tous les jours de lycée.

À Bordeaux:
Le Dijeaux, par flemme.
Le Café des Arts, pour afficher que, justement, on étudie en Arts.
Un ou deux autres encore dans le quartier Saint-Pierre mais dont j'ai oublié les noms.

À Paris:
Le Café de la Mairie, l'épuisant de la place Saint-Sulpice, celui de Perec et de tous les autres avant.
Le Cépage montmartrois, uniquement les dimanches après-midi, pour la terrasse en haut des escaliers.

À Montréal:
Le Porté Disparu, fermé depuis quelques années justement.
Le Club social italien, comme tout le monde.
Esperenza, la Salle d'attente ou la Pharmacie, quelque soit son nom, parce qu'on peut y rester quatre heures avec un café et faire la sieste dans les vieux canapés sans être réveillé.
Le Romolo, mon chalet d'hiver.


Mis bout à bout, j'ai sûrement dépensé plusieurs années de salaire, lu quelques milliers de pages et rêvé à des centaines de femmes(1) dans ces lieux de prédilections, qui me sont essentiels pour garder un certain équilibre.





(1) Mais sans en aborder aucune, ah!, les mystérieuses inconnues des cafés auxquelles on invente des vies.



Dix pages ou six mois

Encore dix pages et je rentre. Il faut avoir un but dans la vie, connaître ses limites aussi, enfin, c'est ce qu'on dit, et puis ça occupe. Depuis six mois que je viens tous les jours ou presque dans ce café, il faudra bien que ça cesse. Retourner au travail un jour, et puis l'autre café va bientôt rouvrir, ça fera changement.
Oui, mais ici on me connaît maintenant. Non pas que ce soit un exploit mais je suis content. C'est un peu mon bureau, mon salon aussi; d'ailleurs j'y reçois régulièrement. Il arrive même que certains de mes amis viennent m'y rejoindre sans rendez-vous.

On est en avril et il s'est remis à neiger, comme ça, pour rien, encore de la violence gratuite. H. dirait: "Tiens, une tempête!" Mais bon, n'exagérons pas.




Retours à la ligne





























C'était un soir d'hiver, en janvier. V. et moi nous étions levés tard et nous avions passé la journée à ne rien faire. Manger des crêpes, enlever la neige sur le balcon, lire un peu, faire l'amour.
V. s'est assise à son bureau et s'est mise à travailler. Pour tout vêtement, elle ne portait qu'une petite couverture blanche que sa mère lui avait offerte pour Noël et qu'elle avait nouée autour de sa taille.
Je me suis assis derrière elle dans le vieux fauteuil à bascule, celui des lectures et des siestes, que l'on avait acheté ensemble l'hiver précédent au bazar de l'église d'à côté.
Son dos était nu et je faisais semblant de lire. J'essayais bien mais n'y arrivais pas. Toute mon attention était captée par le mouvement de ses épaules tandis qu'elle tapait sur son clavier du bout de ses doigts supersoniques.
En approchant la main du radiateur pour me réchauffer, je me suis penché un peu au-dessus de l'accoudoir et j'ai fermé les yeux.
Le bruit des touches enfoncées à toute vitesse m'a renvoyé à mon enfance, lorsque mes parents vivaient encore ensemble. Pour gagner sa vie, mon père faisait des travaux d'édition et passait pour cela une bonne partie de ses journées (et de ses nuits) à défoncer le clavier d'une vieille machine à écrire.
N'ayant jamais pris de cours, il tirait une grande fierté de sa rapidité, bien qu'il n'ait jamais tapé qu'avec deux doigts, les deux index, ce qui lui permettait de fumer en même temps. L'odeur des Gauloises et le "cling" régulier que faisait la machine à la fin de chaque ligne avaient quelque chose de rassurant.
Pendant ce temps-là, ma mère préparait ses cours (dessous de main silencieux en buvard et tabac blond). Aujourd'hui encore ils corrigent mes fautes.
Mais ce soir-là, quand j'ai rouvert les yeux, toujours penché au-dessus du radiateur, mon regard s'est posé sur le sein de V. - enfin, celui que j'apercevais d'où j'étais - qui se balançait au rythme de son écriture.
Je suis resté immobile pendant plusieurs minutes, mon livre à moitié ouvert dans la main gauche, la droite oubliée en train de cuire sur le radiateur.
Tout en la regardant je me suis souvenu de la dactylo d'Hemingway dont parle Brautigan. J'ai pensé aussi que, décidément, j'aurais passé beaucoup de temps à entendre des gens que j'aime taper sur un clavier.
Elle s'est retournée et m'a demandé:
"- À quoi tu penses?
  - Oh, à rien."
   Alors elle s'est levée pour aller prendre un bain.



(janvier 2006-avril 2007)






Caporal













Q
uarante ans de Gauloises brunes, sans filtre,
le gros cendrier en verre sur le coin du bureau.
Le grand-père de certains était maréchal des logis,
moi, mon père c'est le Caporal des claviers.

La nuit ailleurs

















Parce que prendre le bus coûte cher et ne me dépose qu'à de trop longs intervalles en des lieux incertains où je ne voulais aller qu'à peu près, je me déplace en vélo autant que possible. Ce qui exclu tout de même les trois mois d'hiver. Du coup, pendant cette période je limite considérablement mes déplacements, ne franchissant qu'en de rares occasions les limites du quartier.
Mais le printemps. Mon vélo sous le bras, chevauchant mon fidèle appareil, voilà que je sillonne à nouveau la ville.
Enfin, j'en suis encore au tour de chauffe, mais bientôt j'en suis sûr je ne verrai plus la maison en me retournant.
En attendant d'avoir fait le plein d'images ensoleillées, et pour changer un peu des rues désertes de Montréal la nuit sous la neige, voici une photo plus ancienne.
Une rue, déserte, la nuit, mais où il faisait une chaleur à crever. C'était à Barcelone, en août 2001.