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Monsieur T.






Monsieur T., de la poète grecque Katerina Iliopoùlou. Une poésie narrative toute en simplicité, qui n'est pas sans évoquer le Plume de Michaux.



Dans la très belle, très élégante et très éphémère collection "Le fer et sa rouille".


(extrait)

Monsieur T.  au bord de la mer


Sur le rivage il ramasse un galet.
Le galet, remarque-t-il, a cette propriété
de n'avoir ni dehors ni dedans.
Le deux se confondent.
Ne pouvant penser à rien d'autre, il décide
que le galet est ennemi du monde, et le jette
au loin.
En tombant le galet forme ce qu'on appelle
"trou dans l'eau".
Monsieur T" ressent une terrible attirance
et jalouse le galet sans savoir pourquoi.

Alors il en prend un autre qu'il met dans sa 
bouche.
C'est d'abord salé.
C'est quelque chose de maritime.
Peu après ce n'est rien.
Une boule dure de silence dans sa bouche, qui avale sa voix.
À sa surprise pourtant il s'aperçoit
que même sans voix il peut parler.
Aucun doute, on entend ses appels.
Un vol d'oiseaux de mer atterrit à ses pieds.
Derrière eux en partant ils laissent un texte illisible.
Monsieur T. se penche et sans tarder l'étudie.




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Monsieur T., Katerina Iliopoùlou, Montréal, L'Oie de Cravan, 2012, 200 ex numérotés.





4 commentaires:

Alen Leoz a dit…

Désolé, je trouve ça nul.

Et au passage comme je vous sens sensible, je ne veux pas vous faire mal. J'ai essayé de me "lier" avec vous (blog), j'ai bien compris que c'était no answer. J'en suis désolé, et moi aussi ursidé.

antoine peuchmaurd a dit…

Nul? Certainement pas. Disons plutôt que vous n'aimez pas, ce qui est bien sûr votre droit. C'est en tous cas un exemple de poésie que j'aime, comme je vous en parlais plus tôt.
Et je suis désolé si je ne suis pas plus liant que ça, il me semble pourtant que je vous réponds régulièrement. Disons que j'ai parfois du mal à vous comprendre, et qu'en règle générale je n'aime pas trop les discussions publiques.

Bernard Camus a dit…

Nul? Je ne sais pas qui est monsieur Leoz mais on peut dire que je ne partage pas son avis, aussi tranchant soit-il. Il me semble au contraire que c'est là un fort beau poème qui donne envie de découvrir davantage l'oeuvre de Katerina Iliopoulou.

Alen Leoz a dit…

Merci Antoine Peuchmaurd de m'avoir répondu. Et, ainsi. Merci. 

C'est contre ma nature ces avis tranchants, croyez-le. Ça fait XXe siècle, on a vu ce que ça a donné. D'un autre côté un monde sans bousculade, où tout ça se respecte, ça pose question aussi. Un peu survivant à d'autres, eh bien je m'interroge. Est-ce que l'humour fait le tampon ? Un peu, forcément. Bon. A suivre, je l'espère sincèrement. Pour un pique-nique au milieu de l'Atlantique ? Sur le fameux iceberg ?