"Au monde il y a l'amour possible et l'amour impossible, c'est souvent le même avec plus ou moins d'oiseaux marins dans les parages / dans ton visage il y a différentes contrées, ce sont souvent les mêmes qui changent, ce sont de grandes forêts de pins, des récifs espagnols ou grecs, ce sont tes doigts et le sel marin que je suce de tes empreintes / dans tes mains il y a le paysage du monde et toutes les pierres sèches que je voudrais extirper de leur sommeil / dans tes mains il n'y a jamais eu de fusil, seulement un couteau de poche pour couper les fruits et pour les utilités du jour
dans le monde il y a des réveils sans sources, des aquarelles sans lumière, des alvéoles sans miel, des mains sans paumes, des taupes dans terre, des rêveries décapitées en plein ciel d'après-midi / mais il y a aussi la tendresse des louves et des douves pour se garder de l'impérialisme du disparaître, tous ces fabliaux de fin de partie / il y a l'amitié des menuiseries, les chevalets, les chevets, les chèvres et les ânes, il y a le grand écart de tes os iliaques au fond de la nuit / et il y a ces mots prononçables seulement avec la pointée couteaux trempés de théine et d'aphorismes"
Antoine Dumas, Au monde inventaire, éditions du Passage, 2015.
Photos, livres, aventures.
Georges Franju sans arrière-pensée
Ayons une pensée pour Georges Franju, comme ça, gratuitement. Parce qu'il fut un immense réalisateur et un poète du cinéma, et qu'il faut voir et revoir Judex et Les yeux sans visage.
Et pourquoi pas cet article fin du raffiné Thierry Horguelin?
Et pourquoi pas cet article fin du raffiné Thierry Horguelin?
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Judex, 1963 |
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Les yeux sans visage, 1960 |
La fille du baobab brûlé
"J'ai le soleil sur le front
Et ton visage dans ma main
Toutes les mers rouges s'ouvrent à mon passage
Je suis la fille je suis le baobab
J'ai un pacte avec la route
Les cris déchirés des oiseaux m'accompagnent
Je sais l'échouage des vagues
Je sais les songes abîmés
Je raconte au sable le coeur pourri des océans
Les azurs gardent l'empreinte de tes doigts
Enfant tu jouais à ces jeux interdits
Tu rêvais de bateaux de cerfs-volants
Tu voulais épouser le capitaine
La mer est toujours cette femme étrange
Qui marche dans les rêves des poètes"
Rodney Saint-Éloi
Je suis la fille du baobab brûlé, Mémoire d'encrier, 2015.
Et ton visage dans ma main
Toutes les mers rouges s'ouvrent à mon passage
Je suis la fille je suis le baobab
J'ai un pacte avec la route
Les cris déchirés des oiseaux m'accompagnent
Je sais l'échouage des vagues
Je sais les songes abîmés
Je raconte au sable le coeur pourri des océans
Les azurs gardent l'empreinte de tes doigts
Enfant tu jouais à ces jeux interdits
Tu rêvais de bateaux de cerfs-volants
Tu voulais épouser le capitaine
La mer est toujours cette femme étrange
Qui marche dans les rêves des poètes"
Rodney Saint-Éloi
Je suis la fille du baobab brûlé, Mémoire d'encrier, 2015.
Dans la gueule du lion
Les employés de la MGM, en train de filmer la version de 1928 de leur fameux générique. Un poil risqué.
Pour la petite histoire, septs lions se sont succédés à l'écran depuis la première apparition en 1927, tous sous le même pseudonyme de Leo, mais ce n'est qu'à partir du second que l'on a ajouter le rugissement (pour des raisons évidentes de cinéma muet), et le rugissement est toujours enregistré séparément.
Pour la petite histoire, septs lions se sont succédés à l'écran depuis la première apparition en 1927, tous sous le même pseudonyme de Leo, mais ce n'est qu'à partir du second que l'on a ajouter le rugissement (pour des raisons évidentes de cinéma muet), et le rugissement est toujours enregistré séparément.
Un peu de René-Guy Cadou
"Ah que m'importent ces auberges
Et leurs gouttières de sang noir
Les rendez-vous du désespoir
Dans les hôtels meublés des berges
Où les filles font peine à voir
J'ai préféré aux équipages
Le blanc cheval de la marée
Et les cadavres constellés
Qui s'acheminent vers le large
À tous ces sourires navrés"
René-Guy Cadou, L'aventure marine
(in Hélène ou le règne végétal, Seghers)
****
"Quand tous les merles tous les voyous et toutes les femmes se seront tus
Quand on ramassera les carcasses des chevaux à pleines pelles dans les rues
Quand les campagnes s'embraseront comme un chaudron immense
Quand toute la vie sera comme un dernier jour de vacances
Il restera sous terre assez de pages blanches."
René-Guy Cadou, Fin de Bail
Hélène ou le règne végétal, vol. 1 de René-Guy Cadou éditions Pierre Seghers, 1952 |
Solace, de Myriam Gendron
Voici la très belle vidéo de Gigi Perron et Anick Beaulieu, qui accompagne la chanson Solace de Myriam Gendron.
Rappelons, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, que Myriam Gendron a adapté des textes de Dorothy Parker en musique, sur un magnifique premier album intitulé Not so deep as a well.
Not so deep as a well
Myriam Gendron
chante Dorothy Parker
chante Dorothy Parker
Feeding Tube Records (vinyle)
Mama Bird Recording Co. (digital & CD)
Quand les cendres retombent
Après l'incendie d'une maison sur la rive, Gateshead , Tyneside, Nord Est de l'Angleterre, vers 1879. Photographe inconnu. Archives de la bibliothèque de Newcastle.
Arthur H sur le toit
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C'est sur le toit d'une grande compagnie basée à Montréal qu'Arthur H est venu début septembre présenter pour la première fois son nouvel album, Soleil dedans, qu'il avait justement enregistré l'hiver dernier dans cette ville qu'il affectionne particulièrement.
En plus du concert magnifique, le spectacle était aussi, hier soir, dans le ciel, et j'avais la chance d'être aux premières loges.
Cécile Ronc, le pays où l'on n'arrive jamais
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Courants contraires, huile sur toile, 91x122cm, 2014. |
Cécile
Ronc Le pays
où l’on n’arrive jamais
Du 5 au 27 septembre 2014, Cécile Ronc présente son travail le plus récent à la galerie McClure à Montréal.
"L’évolution
récente de mon travail s’est imposée comme une solution naturelle
à mon désir d’impressionner
la mémoire des paysages lunaires d’Islande rencontrés lors d’un
voyage qui m’a transportée. Dans ce pays palimpseste ,
l’histoire de la terre est à nu, ses rides évidentes ; les traces
d’érosion, d’irrigation, ainsi que les flux qui creusent, qui
modèlent, sont comme les veines, le souffle qui alimentent le corps.
Ces terres, leurs couleurs, y sont
l’indication temporelle littérale de bouleversements telluriques
passés : champs de laves noirs ou verts dépendamment de leur âge,
le lichen ayant eu le temps de reprendre le dessus ou non. C’est
cette souveraine et belle indifférence de la nature que je désire
peindre. L’influence de
ces terres insolites m’a conduit à développer une manière de
peindre fluide, laissant sa place au hasard et au « naturel »,
incitant ma peinture à se rapprocher de son fantasme de se faire
paysage, autrement dit d’imiter la manière dont crée la nature.
Le pays
où l’on n’arrive jamais est le pays que
s’obstinent à retrouver les personnages du roman d’André Dhôtel
et qui ne peut être rejoint ; le pays des souvenirs, des rêves,
du vécu, des mémoires cumulées de mille lieux. C’est le pays de
l’enfance, du premier regard qu’on a eu sur le monde, de ce
regard qui ne cherche pas à qualifier et se contente de voir les
choses telles quelles, dans leur existence propre, sans adjectifs.
C’est l’espace pictural que j’aspire sans cesse à engendrer et
à élargir, peuplé d’impressions diverses, de réminiscences
paysagistes vécues ou rêvées. C’est également le lent et
patient travail d’exploration dans une même direction ; la
terre promise que l’on souhaite atteindre et qui n’est là que
pour nous donner de quoi tendre vers,
pour nous donner l’élan. Matisse
écrivait en ce sens à Bonnard, à la fin de sa vie : "Giotto
est pour moi le sommet de mes désirs, mais la route qui mène vers
un équivalent à notre
époque
est trop importante pour une seule vie. Cependant les étapes en sont
intéressantes."
C’est
dans les méandres qui tendent vers et les sables mouvants dans
lesquels parfois je m’enlise que je parviens, par chance, à
l’occasion, à m’arrêter un instant pour admirer la vue et voir
enfin ce qui
m’entoure. L’exposition présentée à
la Galerie McClure est une halte, un relais dans la quête sans fin de ce pays où l'on n'arrive jamais."
C.R.
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Cécile
Ronc est une peintre d’origine française installée au Québec depuis 2005. Diplômée de l’École nationale supérieure des
Beaux-Arts de Paris, elle a obtenu une bourse de résidence de trois
mois à la Casa de Velázquez à Madrid (printemps
2009),
a récemment eu
des expositions personnelles à la Galerie d’art d’Outremont
(janvier 2014), à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal (mai
2012), à la galerie Elissa Cristall à Vancouver (septembre 2012)
ainsi qu’à la Galerie Premier Regard à Paris (février
2010).
Vernissage : jeudi 4 septembre à 18 h
Heures d'ouverture : mardi au vendredi de 12h à 18h ; samedi de 12h à 17h galeriemcclure@centredesartsvisuels.ca
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